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Manger mieux
Sombre Clair

Manger mieux

Mieux se nourrir, mieux consommer, pour notre santé et la préservation des ressources de notre planète se révèle encore davantage aujourd’hui comme une nécessité, au regard de la crise que nous traversons. 

Il y a un environ un an, nous vivions une situation inédite. Cette période a interrogé nos modes de vie et notre façon de consommer. Certains étaient angoissés à l’idée de se rendre dans les grandes surfaces. D’autres, se voyant désinfecter consciencieusement les emballages des produits à leur retour des supermarchés, ont commencé à se poser des questions sur leur alimentation. 

Prendre soin de soi, de sa famille, est devenu d’un coup très concret. Les discours des spécialistes de la santé sur l’importance d’une alimentation saine et équilibrée – et de l’activité physique – pour entretenir corps et esprit ont eu un retentissement sans commune mesure. 

Les Français sont de plus en plus vigilants sur le contenu de leur assiette.

L’alimentation-santé 

Se réapproprier son alimentation pour se sentir mieux dans son corps et dans sa tête.

Depuis longtemps maintenant, les professionnels de santé martèlent la nécessité de mieux maîtriser ce que nous mangeons. Facteur-clé de la construction et de l’entretien de la santé et du bien-être, l’amélioration de l’alimentation est un enjeu de santé publique en France. Il y a 20 ans déjà était lancé le Programme National Nutrition Santé (PNNS). Son objectif ? Enrayer la progression de certaines maladies comme l’obésité ou le diabète. Comment ? En insistant sur la pratique d’une activité physique et en alertant sur les comportements alimentaires dangereux. Les campagnes de communication se sont multipliées, avec le fameux « 5 fruits et légumes par jour ». 

Aujourd’hui, de nombreux supports – livres, applications, sites, blogs, …- surfent sur la tendance du « bien manger ». Liste d’aliments à privilégier, recettes, trucs et astuces pour intégrer davantage de végétaux dans ses menus : beaucoup d’informations qui sont parfois difficiles à vérifier. Il faut également être vigilant : bien se nourrir ne signifie pas suivre un régime strict. L’important est de se réapproprier son alimentation, de comprendre ce qui nous fait du bien et pourquoi, et de savoir comment se procurer les bons produits.

Pour mieux se nourrir, plusieurs éléments sont à prendre en compte : privilégier les produits non transformés, être vigilant sur la composition, acheter davantage d’aliments dits « bio », de saison, tenir compte de l’empreinte carbone… Avec toutes ces injonctions, il n’est parfois pas si simple de s’y repérer.

Des applis pour mieux comprendre les compositions des aliments

La plus célèbre est peut-être Yuka, l’application aux 5,6 millions de téléchargements. Un petit scan du code-barres et le feu vert, orange ou rouge vous indique si le produit est considéré comme excellent, bon, médiocre ou mauvais. Cette évaluation repose sur la qualité nutritionnelle du produit (quantité d’énergie, de graisses saturées, de sucres, de sel, de fruits et légumes, de fibres et de protéines…) mais aussi la présence d’additifs nocifs et sur la nature bio ou non. Si le produit est noté comme étant médiocre, une alternative plus saine est proposée.

Décrypter la composition des produits : la première étape pour mieux consommer.

D’autres applications viennent aujourd’hui nous aider à acheter en toute connaissance de cause. Lancée tout récemment, en septembre dernier, BuyOrNot va plus loin que Yuka. En plus de la composition de nos produits alimentaires (liste des ingrédients, dangerosité des additifs, qualité nutritionnelle), elle décrypte l’impact sur l’environnement du produit scanné, son processus de fabrication (conditions de travail et respect du bien-être animal) et les informations de la marque. Le lien est ici fait entre la nutrition et l’intégrité du mode de fabrication du produit et de l’entreprise. Le consommateur a ainsi toutes les informations en main pour acheter responsable.

Percer le mystère des étiquettes

La lecture des étiquettes de nos produits d’alimentation – et pas seulement- est plutôt opaque. Derrière des appellations parfois étranges, se cachent des éléments qui peuvent être nocifs ou, tout du moins que nous ne souhaitons pas ingérer. La tâche devient encore plus ardue lorsque l’on suit un régime spécifique. Intolérants au lactose, au gluten, allergiques aux fruits à coque, tous sont devenus des spécialistes du décryptage des compositions. L’application Kwalito a été créée pour les aider. Elle se différencie des autres outils du même genre puisqu’il est possible de définir en amont un régime bien spécifique. Qu’il soit en lien avec des intolérances alimentaires ou par conviction (végétarien, végétalien, …), le mode d’alimentation est entré dans l’outil et permet de sélectionner des produits totalement en phase. Aussitôt ces critères définis, l’application indique au consommateur si le produit lui convient ou non : une bonne idée, à l’heure où les ingrédients sur les étiquettes s’avèrent parfois difficiles à comprendre. 

Intolérances et régimes spéciaux nécessitent une vigilance accrue.

Les grands acteurs de l’alimentation ont bien compris la défiance des consommateurs à l’égard de la composition des produits vendus. Pour surfer sur la tendance, ils lancent leurs propres applications, à l’image des « Magasins U ». « Y’a Quoi Dedans » lancée en septembre dernier propose de décrypter les ingrédients mais également les substances controversées et les additifs présents dans nos aliments à l’aide d’un simple scan, en s’appuyant sur la base de données Open Food Facts. Une initiative controversée, certains dénonçant le rôle de juge et partie des « Magasins U ».

Locavorisme et circuits courts 

Les notions de circuits courts et locavorisme sont assez récentes et restent parfois assez abstraites pour certains. Elles renvoient pourtant à des concepts bien précis. 

Le 100 % local est aujourd’hui plébiscité. Après avoir consommé durant des années une alimentation industrielle et transformée, les Français recherchent maintenant des produits de terroir, frais, de saison, naturels, cultivés ou fabriqués au plus près de chez eux et de façon artisanale. Consommer local, en respectant les cycles de la nature, pour préserver la planète et sa santé. 

Le concept de food miles – les kilomètres alimentaires – est apparu dans les années 1990, grâce notamment à Tim Lang, un chercheur anglais. Il s’agit de la distance parcourue entre la nourriture, à partir de sa fabrication et jusqu’à sa consommation. Ces données sont un des éléments utilisés afin de mesurer l’empreinte carbone des aliments. 

Consommer local : un leitmotiv pour un grand nombre de citoyens. © Bio en Grand Est.

Le locavore souhaite donc réduire au maximum ce trajet.  Mais cette notion de locale est finalement très subjective et renvoie à des périmètres différents suivant les individus et les denrées évoquées. Il est cependant généralement admis que le local correspond à une distance de 100 à 250 kilomètres maximum autour du domicile.

Rapprocher le consommateur du producteur

Les notions de locavorisme et de circuits courts sont intimement liées. Quand le locavore cherche à consommer « local », l’adepte du « circuit-court » va lui s’attacher à se rapprocher au maximum du producteur. Il s’agit ici de réduire de façon drastique le nombre d’intermédiaires au sein de la filière. Pour les puristes, le véritable « circuit-court » ne doit comporter qu’un seul intermédiaire. On va alors se fournir directement auprès du producteur, soit dans des boutiques installées dans les fermes ou encore sur les marchés. 

Des initiatives comme les AMAP permettent d’acheter des produits en circuit-court en s’engageant dans la durée. Les clients optent par exemple pour un panier de légumes par semaine sur l’année. On peut également se tourner vers des magasins gérés par les producteurs eux-mêmes ou avec un seul intermédiaire. 

La notion d’empreinte carbone n’est pas ici la seule à entrer en ligne de compte. La relocalisation de la production, la juste rémunération des producteurs font partie de la philosophie du circuit-court, tout comme court-circuiter le système des centrales d’achat et se détacher d’une logique de marché. Ce fonctionnement favorise également la transparence et la qualité de la production. 

Cependant, ce n’est parfois pas la solution la moins impactante au niveau de notre environnement : entre faire venir des produits d’autres pays et réunir les conditions pour les cultiver sur nos territoires (chauffage, lumières…), la première solution est parfois la moins nuisible.

AMAP, star des circuits-courts

AMAP signifie Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne. Elle est en général le fruit de la rencontre entre un groupe de consommateurs et de producteurs prêts à s’engager dans la démarche. Car le fonctionnement de l’AMAP repose sur un véritable partenariat. Ensemble, ils vont définir le contenu des paniers : diversité, quantité… leur composition est très variable, vous pouvez y trouver des fruits, des légumes, des œufs, du fromage, de la viande… 

Redécouverte des légumes oubliés grâce aux paniers renouvelés chaque semaine. © Bio en Grand Est.

En fonction des saisons et de la récolte, le contenu du panier va évoluer, c’est ce qui fait tout le charme des AMAP. On découvre ou on (re)découvre les fameux légumes oubliés ou les saveurs d’un laitage en provenance directe de la ferme. 

Faire appel à une AMAP permet aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire : alors que les aliments ne correspondant pas au standard de la consommation sont jetés dans la grande distribution, tout ce qui est produit est ici consommé. Les AMAP participent également à la lutte contre les pollutions et les risques de l’agriculture industrielle et favorisent une gestion responsable et partagée des biens communs. 

Le prix du panier sera fixé de manière équitable ; c’est-à-dire qu’il va permettre au producteur, à l’éleveur, au maraîcher, de couvrir ses frais de production et de dégager un revenu décent, tout en étant abordable pour le consommateur.

Quels avantages pour les consommateurs ? 

Retrouvez toutes les adresses sur le site du réseau AMAP : www.reseau-amap.org

De nombreux avantages sont mis en avant par les usagers des AMAP. Tout d’abord l’accès à une nourriture saine, qui n’a pas parcouru des centaines de kilomètres, avec moins d’emballage, issue d’une agriculture bénéfique pour la biodiversité, protégeant les sols et l’eau, moins polluante et moins énergivore. 

Ce système favorise également le retour des particularités alimentaires locales et régionales, et soutient l’économie locale. Les membres des AMAP mettent aussi en avant la consolidation voire la création de liens sociaux, notamment entre des populations urbaines et rurales. C’est un contrat solidaire qui lie les consommateurs et les producteurs. Pour ces derniers, ce fonctionnement assure un maintien de l’activité agricole par la garantie de revenu. Différentes AMAP sont présentes sur notre territoire.

En direct avec le producteur

La tendance du consommer local explose et nous sommes de plus en plus nombreux à privilégier les circuits courts. Se rendre directement à la ferme, c’est éviter tous les intermédiaires, mais c’est aussi rencontrer les producteurs directement sur les exploitations. Tous les produits du terroir sont disponibles : légumes, fruits, viandes, fromages, vins, confitures, miel… En plus de produits frais, dont l’origine et la traçabilité sont garanties, vous pouvez en apprendre davantage sur le processus de production, sur la législation, ses évolutions et parfois ses incohérences. Mieux se renseigner, mieux s’informer, pour mieux consommer et devenir pleinement acteur de son alimentation. 

Se rendre directement à la ferme pour devenir un consommateur-acteur.

Bienvenue à la ferme

Créé en 1988 par des agriculteurs et coordonné par le service des Chambres d’Agriculture, le réseau « Bienvenue à la ferme » regroupe aujourd’hui près de 8 000 agriculteurs adhérents. Son objectif est d’accompagner les professionnels dans leur activité, de garantir la qualité des produits et des animations, d’aider à l’installation et d’assurer la promotion. 

Vous pouvez également faire le choix de vous rendre dans des boutiques de producteurs, tenues par les éleveurs, les maraîchers, … Regroupés au sein de magasins dédiés, ils proposent leurs produits en vente directe et tiennent eux-mêmes des permanences, toujours dans cette idée de créer et consolider le lien avec leurs clients.

Le bon bio

Tout le monde connait l’appellation d’Agriculture Biologique mais il n’est pas si simple de comprendre tout ce qu’implique, ou n’implique pas, le fameux petit logo vert.

Le logo AB pour “Agriculture Biologique” est une certification qui a été mise en place par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en 1985. © Bio en Grand Est.

Qu’entendons-nous tout d’abord par Agriculture Biologique ? Il s’agit d’un mode de production alliant les pratiques environnementales optimales, le respect de la biodiversité, la préservation des ressources naturelles et l’assurance d’un niveau élevé de bien-être animal. Cette dénomination comprend donc plusieurs dimensions. Elle doit tout d’abord certifier l’achat de produits naturels et authentiques. Ainsi, les transformateurs de produits biologiques ne doivent avoir recours qu’à des procédés de formulation et de transformation assurant le maintien des qualités nutritionnelles présentes dans les matières premières, et cela à tous les stades de fabrication. Les méthodes biologiques, mécaniques et physiques sont ainsi privilégiées. Concrètement, le nombre d’additifs autorisés est fortement restreint (47 contre 300 en conventionnel), aucun colorant, arôme chimique de synthèse ou exhausteur de goût  ne sont autorisés. L’enrichissement en vitamines, minéraux, antioxydants est interdit, tout comme les traitements ionisants.

Les origines du bio

Même s’il est plus que jamais dans la tendance, le bio n’est pas une découverte récente. L’Agriculture Biologique va se développer dans les années 1920 en Autriche, en Allemagne, en Suisse et en Angleterre. En France, il faudra attendre les années 1950 pour qu’elle fasse son apparition, poussée par la volonté de certains de respecter les équilibres naturels et la biodiversité, en réaction à l’amorce de l’intensification de l’agriculture. Dès 1980, elle sera reconnue comme « agriculture sans produits chimiques de synthèse ». Onze ans plus tard, un règlement est adopté au niveau européen pour les productions végétales ; il sera étendu au secteur animal en 1999. Son objectif : harmoniser les pratiques des différents États membres. Les produits biologiques, certifiés dans un pays de l’Union européenne par une autorité désignée ou un organisme certificateur agréé par l’autorité compétente, peuvent alors être commercialisés dans n’importe quel État membre. L’Agriculture Biologique est définie et reconnue dans toute l’Europe, les échanges sont facilités et les consommateurs rassurés par l’harmonisation des mentions sur l’étiquetage.

En mai 2013, le ministre de l’Agriculture lance le programme « Ambition Bio 2017 », afin de donner une nouvelle impulsion au développement et à la structuration de la filière.

Des normes étendues au secteur animal

L’élevage en agriculture biologique est encadré par le règlement européen afin de mettre en œuvre des pratiques respectueuses du bien-être animal. Elles répondent à un cahier des charges très précis. Les animaux doivent par exemple avoir accès à un parcours extérieur et chacun d’entre eux doit disposer d’un espace bien aéré, de lumière et d’une surface minimum paillée en intérieur, lui permettant de se mouvoir librement. La taille des bâtiments, ainsi que la densité sont limitées. Les animaux sont nourris avec une alimentation bio, les méthodes et conditions d’élevage doivent privilégier leur bien-être et stimuler leurs défenses naturelles. Certaines pratiques sont interdites, comme l’élevage hors-sol, les traitements hormonaux, le clonage et le transfert d’embryon.

Des normes élevées de bien-être animal dans les élevages bio.

Le personnel – éleveur, abatteur – doit par ailleurs posséder les connaissances et les compétences élémentaires nécessaires en matière de santé et de bien-être des animaux. Toute souffrance doit être réduite au minimum durant toute la vie de l’animal, et y compris lors de l’abattage. 

Ce mode d’élevage permet ainsi de laisser libre cours aux comportements des animaux, et les protège contre la faim, la soif, la malnutrition, la peur, le stress, l’inconfort, la douleur, les maladies. Des procédures de contrôle, strictes et régulières, puis de certification sont appliquées pour assurer le respect du mode de production biologique.

Un environnement sans pesticides 

La réglementation en Agriculture Biologique interdit bien entendu l’usage des OGM et de produits chimiques de synthèse tels que les pesticides. On opte donc pour la prévention pour éviter les dommages causés aux cultures par les maladies, les mauvaises herbes ou les ravageurs ; ce terme – parfois remplacé par « déprédateurs » – renvoie à des animaux, souvent des insectes qui attaquent les plantes cultivées ou les récoltes stockées. 

Voir aussi

Fin 2019, 2,3 millions d’hectares étaient cultivés en bio (sources Agence Bio).

En Agriculture Biologique, on privilégiera donc des variétés de semences spécifiquement sélectionnées pour leur résistance aux maladies, des techniques culturales spécifiques comme la rotation des cultures ou des procédés thermiques, des techniques mécaniques pour lutter contre les mauvaises herbes (travail du sol, désherbage thermique, paillage, solarisation) ou encore des alternatives biologiques pour lutter contre les organismes nuisibles. Ce n’est qu’en cas de menace avérée pour une culture et seulement pour cette raison qu’un produit de traitement phytopharmaceutique peut être utilisé. Ces produits, tous d’origine naturelle, doivent être autorisés par le règlement européen encadrant l’Agriculture Biologique et bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Le cercle vertueux du bio

L’Agriculture Biologique est un engagement à tous les niveaux de la filière, au niveau de la production comme de la transformation. Un cahier des charges rigoureux doit être respecté tout au long du processus. Elle joue également un rôle important de créateur de lien et de valorisation du territoire et des savoir-faire locaux.

Les logo AB et Bio européen sont des repères de qualité pour le consommateur qui souhaite une alimentation en accord avec ses valeurs.

Système de gestion durable pour l’agriculture, elle offre aux consommateurs une grande variété de produits agricoles et alimentaires de qualité. Mais pas seulement. Les sols cultivés en bio sont plus riches et plus fertiles. Selon le dernier rapport de l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique), l’activité des sols est plus développée, les organismes vivants du sol – comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface – sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité biologique plus intense. Cette richesse améliore les caractéristiques physiques des sols, avec à la clé une plus grande résistance des cultures à la sécheresse. La non-utilisation de pesticides chimiques de synthèse permet également de préserver la flore et la faune aquatiques, le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux.

Grâce à l’Agriculture Biologique, il va être possible de protéger les espèces et de restaurer des écosystèmes terrestres et aquatiques.

Un cercle vertueux puisqu’une faune diversifiée est une alliée précieuse pour l’agriculteur bio ; et à chacun son rôle : les abeilles vont polliniser les cultures et les arbres fruitiers, les vers de terre vont fertiliser le sol, les coccinelles, crapauds et hérissons vont quant à eux protéger les cultures. 

Enfin, L’Agriculture Biologique, de par ses pratiques, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique en limitant les rejets polluants et en stockant davantage de CO2 dans le sol.

Une législation qui évolue

En 2019, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits biologiques et près des ¾ consomment bio au moins une fois par mois.

La nouvelle réglementation pour l’Agriculture Biologique, approuvée en 2018 après de nombreuses années de négociations interinstitutionnelles entre les députés européens et les ministres de l’Agriculture, devrait simplifier le système actuel d’étiquetage et de commercialisation des produits biologiques et créer des conditions de concurrence équitable pour les produits européens et les importations. Le nouveau règlement permettra notamment une harmonisation des normes, en appliquant un système unique à tous les agriculteurs de l’UE et des pays tiers, et en offrant à tous les consommateurs la même garantie de qualité, quelle que soit la provenance des denrées alimentaires. Cependant, compte tenu de la pandémie de COVID-19, l’entrée en application de ce règlement, initialement fixée au 1er janvier 2021 est reportée d’un an.

L’agriculture bio sur notre territoire

L’Agriculture Biologique dans la région du Grand Est affiche une évolution dynamique, aussi bien en termes de surface que de nombre de fermes. En Champagne-Ardenne, on compte 960 fermes engagées en bio, ce qui représente 3,9 % des fermes du territoire. En 2019, on a constaté une augmentation de 17,8 % (chiffres Observatoire de la Bio en Région Grand Est – Édition 2020). Dans la Marne, l’Agriculture Biologique concerne 10 776 hectares, dont 4 544 ha actuellement en conversion.

Qu’est-ce que l’INAO ?

L’INAO est en charge la gestion de l’Agriculture Biologique depuis 2007. Pour répondre à ses objectifs, l’INAO a créé le réseau opérationnel « Agriculture Biologique ». Celui-ci remplit différentes missions. Il est l’interlocuteur des acteurs régionaux ou départementaux travaillant sur l’agriculture biologique (organisations professionnelles, structures administratives, organismes certificateurs, structures de recherche). Ce réseau doit également permettre une remontée vers le comité national des problématiques de terrain et disposer de personnes ressources à même d’intervenir sur différentes thématiques. Il participe également à des actions de coopération internationale sur l’Agriculture Biologique.

Maud – Les Chocolats de Maud.

« Certains achètent mes chocolats uniquement pour leur goût, d’autres parce que je ne travaille que des produits issus de l’Agriculture Biologique et du commerce équitable. C’est une démarche qui me tient particulièrement à cœur. Le chocolat est produit dans des pays où bien souvent les conditions de vie, de travail sont difficiles. Je travaille avec un petit producteur qui s’engage auprès des populations sur place : aucun enfant ne travaille sur les exploitations, les salaires sont fixes, c’est-à-dire qu’ils ne dépendent pas des récoltes. Par son biais, nous collaborons avec des coopératives et les bénéfices engendrés permettent de construire des écoles ou encore de planter des cacaotiers et de lutter ainsi contre la déforestation. Il s’agit d’un véritable partenariat. C’est très important pour moi de m’engager ainsi, et c’est cohérent avec l’ensemble de mon projet. Je propose des gourmandises artisanales, où tout est fait-maison avec des produits de qualité. Cela demande du travail : mes recettes sont réalisées à partir d’ingrédients bio uniquement, certains sont parfois très rares, plus difficiles à trouver, mais ils sont nécessaires pour garantir ce niveau de qualité. Mes tarifs ne sont pas forcément plus élevés, ils sont comparables à ceux des autres artisans chocolatiers. »

Les amateurs retrouvent les Chocolats de Maud sur le marché Bio du Boulingrin à Reims tous les vendredis après-midi et dans sa boutique de Saint-Brice-Courcelles.

Des acteurs impliqués

Différents acteurs sont présents, au niveau national mais également en local, pour soutenir et accompagner les professionnels déjà investis dans l’agriculture bio et ceux qui souhaitent s’y convertir.  C’est le cas de l’association Bio Grand Est qui a pour vocation le développement de l’Agriculture Biologique dans la Marne. Pour ce faire, elle accompagne et représente les agriculteurs bio du territoire, en créant un lien fort entre ses adhérents, par la diffusion d’informations et l’organisation de temps d’échange. Elle promeut également l’Agriculture Biologique auprès de différents publics : agriculteurs conventionnels pour initier des conversions, grand public pour encourager la consommation de produits bio locaux, associations de protection de l’environnement pour favoriser des synergies.

Jérôme Oudart – La Grange Jabled.

« Nous nous sommes convertis à l’Agriculture Biologique en 2003 et travaillons en polyculture-élevage. Notre volonté était, avec l’arrêt de l’utilisation des produits chimiques, d’être au plus près de la nature, de comprendre la logique du système pour avancer. Dans le bio, il y a énormément de possibilités à explorer. Cependant, la législation évolue rapidement, nous contraignant à nous adapter ; il y a également des incohérences, des normes qui ne conviennent pas à la réalité du terrain de petites exploitations. C’est surtout le cas pour l’élevage ; les normes d’hygiène, de transport, de sécurité représentent un gros investissement financier et en temps de formation, de procédures.

L’augmentation de la vente directe liée à la crise sanitaire est une bonne chose, mais elle cache aussi une réalité de ceux qui s’y sont mis par contrainte. C’est une solution sur le court terme, mais qui nécessite des investissements importants si l’on veut poursuivre dans de bonnes conditions. Il faut maintenant que les consommateurs s’interrogent sur leurs priorités de dépenses : mon téléphone, mes loisirs ou mon alimentation ? Ils doivent redevenir acteurs, comprendre les mécanismes, s’informer sur les différentes filières du bio pour consommer en toute connaissance de cause. On se focalise sur le fait de manger du bio, mais il faut savoir de quel bio on parle. Aujourd’hui, moi j’ai vraiment envie de défendre les valeurs traditionnelles du bio, pour faire face au bio industriel qui s’étend. »

Cécile et Jérôme Oudart vous accueillent à la Grange Jabled à Brugny.

Du bio dénaturé ? 

Secteur de niche il y a quelques années, consommer bio séduit de plus en plus de consommateurs, échaudés par les scandales alimentaires et la crise sanitaire. Le développement exponentiel de ce marché a cependant conduit à une industrialisation de celui-ci, le déconnectant de ses valeurs initiales. Avec un cahier des charges trop léger pour certains et parfois mal contrôlé, ce bio « industriel » indigne les puristes qui le qualifient de faux bio, le réduisant à une production conventionnelle sans pesticide. Pour eux, la vente de produits bio disponibles chez les acteurs les plus importants de la grande distribution est totalement incohérente. Ce bio-là oublierait toutes les autres dimensions écologiques, sociales et économiques, liées au mouvement de départ. 

S’informer pour reprendre le contrôle sur son alimentation.

De nouvelles pratiques émergent alors, avec des labels complémentaires, plus stricts que le label européen, à l’image de Nature et Progrès. On retrouve ici les notions d’Agriculture Biologique bien entendu, mais aussi de circuits courts, de consommer local.

Finalement, qu’est-ce qu’on mange ?

Les marchés bios du territoire pour une vente directe des produits de la ferme, ici la Ferme des Cyprès à Courtisols. ©Bio en Grand Est.

Faut-il opter pour du bio coûte que coûte, même quand il est industriel et qu’il vient de loin ? ou plutôt du circuit-court non bio ? ou du circuit-court non local ? Où acheter mes produits ? Dans les corners estampillés bio des grandes surfaces, dans les magasins spécialisés, sur les marchés, auprès des AMAP, directement à la ferme ?

Pour mieux choisir, il faut bien s’informer et comprendre les mécanismes de l’approvisionnement mais aussi des labels et certifications. Pour cela, il faut être curieux, se rendre dans les exploitations lors des portes-ouvertes, poser des questions… Interroger son mode de consommation également : sommes-nous prêts à manger moins, mais mieux ? avons-nous besoin de ré-éduquer nos palais pour mieux apprécier les vraies saveurs, loin des standards de l’alimentation industrielle ? allons-nous profiter de cette crise sanitaire pour changer durablement notre façon de choisir nos aliments ?

La notion de consommateurs-acteurs prend ici tout son sens : même si cela demande de changer nos habitudes, chacun d’entre nous à le pouvoir de se nourrir autrement. Et privilégier ce qui nous tient à cœur : une alimentation saine, une juste rémunération des producteurs et éleveurs de nos territoires et la préservation des ressources de notre planète.

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