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Première édition pétillante de Reims Polar
Sombre Clair

Première édition pétillante de Reims Polar

La 38e édition du festival du film policier s’est tenue en tout numérique, covid oblige, du 26 au 31 mai. Une mise en bouche du renouveau de cette compétition qui devient rémoise, et dont les précédentes cuvées ont eu lieu à Cognac puis à Beaune. En s’unissant à Reims Polar, le festival devrait monter en puissance et devenir une grande fête du cinéma d’envergure internationale. La deuxième édition se projette déjà physiquement  au cœur de Reims, en avril 2022.

Arnaud Robinet avec Bruno Barde : « cette première édition est virtuelle mais sera en ville l’an prochain ».

Grâce à Reims Polar, les cinéphiles ont pu voir du 26 au 31 mai, 21 films en ligne pour 40 €, dont 9 longs métrages en compétition, 6 autres série « Sang neuf » et 6 hors compétition. « Cette édition 2021, c’est une bande annonce, une promesse sur l’avenir, de faire en 2022 un festival qui sorte de l’étroitesse de Cognac et Beaune pour un multiplex magnifique, où on va pouvoir aller vers les étudiants » s’est réjoui Bruno Barde, directeur du festival. « « Sang neuf » n’est pas en compétition cette année à cause du numérique, mais cette catégorie le sera l’année prochaine avec un jury, il y aura le jury police, et puis 2 nouveautés : une sélection « Série noire » car il y a beaucoup de séries policières américaines et asiatiques. Et une section plus subtile, sur la spiritualité du polar, qu’on voudrait mettre en place avec le maire de Reims » poursuit-il. « Le polar, c’est toujours aller vers le bien, la lumière, alors que des cinéastes asiatiques vont jusqu’au bout des ténèbres, de la douleur. Très souvent ce sont des cinéastes coréens catholiques, donc proches de l’idée de rédemption. »

Palmarès : Ils ont levé leur coupe 

Le jury du 38e festival du film policier présidé par Jacques Weber entouré de  :

Pascale Arbillot (actrice), Lucas Belvaux (réalisateur et comédien), Dali Benssalah (acteur dans « No time to die » le prochain James Bond sortie en salle en octobre 2021), Laurent Chalumeau (journaliste écrivain scénariste), Négar Djavadi (romancière et scénariste), Anne Parillaud (éternelle « Nikita ») et Jean-Paul Salomé, (le cinéaste  de « Daronne »), a eu à trancher parmi la sélection de 9 films policiers, polars, thrillers et films à suspense.

Grand Prix : « La loi de Téhéran », film iranien de Saeed Roustaee, sortie en salles le 28 juillet. De nos jours en Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. 
Prix du jury :  « The Slaughterhouse » d’Abbas Amini. Amir expulsé de France retourne vivre chez son père en Iran. Par solidarité familiale, il se retrouve impliqué dans un crime atroce.
Prix de la critique : « La loi de Téhéran » film iranien de Saeed Roustaee, un doublé.
Prix du public : « Boîte Noire » de Yann Gozlan, seul film français en compétition, sortie en salles le 8 septembre. Que s’est-il passé à bord du vol Dubaï-Paris avant son crash ?

Retombées économiques

Jacques Weber a bien connu Reims dans les années soixante-dix.

« J’avais l’objectif de renforcer l’offre culturelle à Reims, dans le cadre de notre candidature pour devenir capitale européenne de la culture en 2028 » retrace le maire de Reims, Arnaud Robinet dans les locaux parisiens de « Public système Cinéma », filiale d’Hopscotch. « Nous avons des salles de cinémas, dont l’Opéraims, des studios de tournage sur l’ex-Base aérienne 112. Il manquait un évènement autour du cinéma, rassemblant les Rémois et toutes les générations ». Les organisateurs du festival du polar à Cognac, puis à Beaune (avec en moyenne 12 000 entrées sur 4 jours), cherchaient de leur côté une grande ville d’accueil.  « Ça a matché entre nous » fait valoir l’édile. « À 45 mn de Paris, un Multiplex magnifique, des salles superbes en plein cœur de ville avec des hôtels et restaurants autour : on va faire un festival qui va appartenir vraiment aux rémois, les gens vont s’accaparer les films, aller bouffer, boire un coup, ça va me rappeler ce qu’était Cannes au début » renchérit le directeur de Reims Polar. 

Lancement de Reims Polar à Paris le 26 mai, le jury avec le maire de Reims. © Olivier Vigerie.

Leurs polars préférés 
Les rémois se souviennent de Jacques Weber. Acteur, réalisateur, homme de théâtre, il a commencé sa carrière à Reims, auprès de Robert Hossein dans les années soixante-dix. « J’avais 21, 22 ans, j’étais un peu le chef de troupe de Robert Hossein » se souvient-il, ainsi que de la  « suractivité du cours d’Erlon et de l’Hôtel du Lyon d’Or ». Parmi les films qui l’ont marqué en tant que spectateur, il y a le récent « Parasite » du sud coréen Bong Joon Ho, Palme d’Or à Cannes, « une des œuvres les plus colossales de ces dernières années ». Et aussi « les Chabrol, Melville Le Doulos, L’armée des ombres, et Le Cercle rouge, ce hold-up en silence, Ascenseur pour l’échaffaud de Louis Malle, une pure merveille » sans oublier de nommer Hitchcock « le maître absolu », Corneau et son Police Python 357 … « Tous les films témoignent à un moment donné du monde qu’ils traversent et posent des questions, donc s’opposent à la normalité, la normalitude » constate-t-il. Le maire de Reims est lui-aussi « consommateur » de polars. « J’aime les séries historiques, les polars des séries TV, les romans policiers » témoigne Arnaud Robinet. « Me retrouver auprès d’Anne Parillaud, Nikita, c’est un bon moment, j’en profite ! Les rémois pourront vivre ces moments-là l’an prochain ». Bruno Barde, président du festival, pense lui aussi que « les cinéastes sont le miroir du monde. La mise en scène est la grammaire cinématographique par laquelle ils vous racontent une histoire, à travers le scénario ». Cinéphile, regardant 600 à 700 films/an – à une époque, c’était 1 000 – il n’a pas « un » film préféré.  « Le parrain de Coppola, Sonatine du japonais  Takeshi Kitano, Seven de David Fincher, ou le réalisateur hongkongais Johnnie To ont été des chocs  pour moi. » Mais Jean Renoir, René Clair aussi dit-il. « La beauté de l’art touche tout le monde au cœur. »

Voir aussi

Le mécénat privé est déjà intéressé par le festival et ses retombées, en témoigne le clip sur les Crayères du champagne Ruinart et les messages vantant « la vie à la rémoise » avant chaque projection. Le polar et Reims, c’est déjà toute une histoire, du premier festival du polar et du roman policier créé par Jacques Baudou en 1979 jusqu’au festival Interpol’Art. Le maire donne rendez-vous en avril, si tout va bien. « Juste avant le festival de Cannes. »

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