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Balzac au Théâtre
Sombre Clair

Balzac au Théâtre

Faire une pièce de théâtre à partir du grand roman de 700 pages écrit en 1840 par Honoré de Balzac, c’est le pari réussi de Pauline Bayle. « Illusions perdues », récit initiatique aux thèmes universels, trouve un écho à notre époque contemporaine. 

Les abonnés sont revenus au Théâtre, le public ponctuel, pas tout à fait, mais la programmation devrait lui redonner l’envie. « Illusions perdues est un très très beau spectacle contemporain, même s’il fait partie du répertoire et qu’il n’est pas souvent monté sur une scène » remarque Christian Dufour, Directeur du Salmanazar. L’histoire est intemporelle, c’est celle de Lucien de Rubempré mais c’est aussi celle de Rastignac* autre personnage balzacien, ou comment des jeunes gens veulent réussir à tout prix. « En même temps, l’histoire peut être posée aujourd’hui, aussi bien dans le monde des affaires, politique et affectif » poursuit Christian Dufour. « Julien recherche l’amour, la gloire et l’argent, c’est son projet de vie, l’amour avec un impact sociologique : cela doit lui permettre de s’élever socialement. Ce sont des thèmes universels qui trouvent toute leur résonance aujourd’hui. »

L’œuvre de Balzac version « dégenrée ». © Simon Gosselin.

Sur un ring

Ils interprètent à eux seuls une 20e de personnages. © Sebastien-Grebille.

Illusions perdues nous tend le miroir de chacune de nos existences, « entre espérance et résignation, ambition et humilité, rêve de puissance et rappel cruel de la réalité, et pour cette raison, il renferme une matière théâtrale passionnante et pleine de promesses » écrit Pauline Bayle qui a adapté le roman. Il s’agit d’un vrai travail de troupe théâtrale, pas du tout figé, sans costumes d’époque. « Si ce n’était pas une œuvre de Balzac, ça pourrait être l’œuvre d’un auteur d’aujourd’hui » assure Christian Dufour. « La pièce met le personnage en face de ses contradictions. » Il y a aussi une portée écologique dans ce spectacle. « C’est une des préoccupations de la jeunesse d’aujourd’hui. Lucien correspond aux clichés des années 80, le fric roi. Les jeunes qui l’entourent lui montrent en miroir toute l’absurdité de son comportement ». Consommer, aller de l’avant, la compétitivité, prendre la place des autres, sont des thèmes déjà très présents dans l’œuvre de Balzac. «  C’est très clivant aujourd’hui dans la jeunesse. À la fois, il faut trouver sa place dans la société et en même temps, pas à n’importe quel prix. » La pièce sera jouée en « quadri frontal ». Dans la grande salle du théâtre, le public sera placé autour du plateau installé comme un ring.
– Mardi 16 novembre à 20 h au Théâtre. À partir de 15 ans.

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