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Nos looks et nous
Sombre Clair

Nos looks et nous

Une décennie peut se définir par ses grands événements, ses changements sociétaux, ses avancées technologiques, mais aussi par la ou les façons de se vêtir. Que dit de nous notre dressing ?

La mode est un précieux indicateur de l’évolution de nos sociétés.

Nos looks évoluent au rythme de nos modes de vie. Mais il est finalement difficile de déterminer ce qu’est la mode. Sujet futile pour certains, elle apporte pourtant un éclairage sur les modes de vie et les problématiques sociétales de toutes les décennies. Elle est en fait un précieux indicateur de l’évolution de nos quotidiens. 

La naissance de la mode

Pour un certain nombre d’experts, la mode semble prendre naissance au 19e siècle. Et c’est au 20e siècle qu’elle devient populaire. Auparavant, les mères confectionnaient elles-mêmes les tenues de toute la famille. L’industrialisation apporte la confection et la création des grands-magasins. Les tenues s’exposent alors dans les vitrines des boutiques. 

La mode va évoluer au fil des décennies, marquées par les périodes de restrictions durant les conflits mondiaux, et d’euphorie de l’après-guerre. Elle suit aussi l’évolution de la place de la femme dans nos sociétés.  Les années 1950 vont apporter plus de légèreté, plus de couleurs, mais ce sont bien les sixties qui vont bouleverser les codes. 

Vive les sixties !

La mini-jupe doit son nom à la Mini Cooper.

Quand on évoque les sixties, on pense couleurs, imprimés à pois, à rayures, mini-jupes…tout sauf une mode monotone, terne ou uniforme. Les années soixante font bouger les lignes et sont le point de départ d’une libération vestimentaire de la femme. Les jupes se raccourcissent, le pantalon devient unisexe… Que ce soit dans le cinéma, dans l’art ou dans la mode, l’audace est le maître-mot.

On voit apparaître de nouvelles silhouettes, les nouvelles coupes, couleurs et longueurs brisent les codes. Quelles sont les pièces iconiques de cette décennie ? En premier lieu, la mini-jupe, bien entendu, qui devient l’emblème de la libération de la femme. On la doit à la styliste anglaise Mary Quant. Elle souhaite raccourcir les jupes au-dessus des genoux pour des raisons de confort, de mobilité et d’esthétisme. Elle raconte s’être inspirée des tenues de plage des femmes à Saint-Tropez, mais aussi des jupes courtes des joueuses de tennis. Avec ces jupes « mini », en référence à la Mini Cooper – la voiture préférée de Mary Quant, les femmes peuvent désormais marcher sans être entravées, courir librement, aller danser après une journée de travail. 

Symbole du Swinging London qui met en avant la mode pop de la capitale anglaise, la mini-jupe, même si elle crée le scandale, est adoptée par les stars de l’époque, à l’image de Françoise Hardy ou Brigitte Bardot. 

Des pièces emblématiques

Des années soixante, on retient plusieurs tendances, comme le colorblock popularisé par Yves Saint Laurent avec la robe Mondrian. La taille, jusqu’à présent marquée pour créer une silhouette ultra-féminine, est dissimulée dans des coupes plus droites, mettant en valeur les jambes qui sont-elles entièrement dévoilées. 

En 1967, le jean débarque en France.

Le dressing des femmes accueille, pour la première fois, le pantalon et le smoking, devenant les pièces représentatives d’une mode unisexe.  

Côté chaussures, les boots blanches font partie des indispensables de la garde-robe et se portent avec une mini-jupe ou une robe droite. Plus osées, les cuissardes, adoptées par Jane Birkin, deviennent l’accessoire sexy pour habiller les jambes. 

Les créateurs et icônes des années 60

Parmi les créateurs des sixties, trois vont particulièrement marquer leur temps : André Courrèges, par son approche futuriste de la mode et ses lignes géométriques qui s’apparentent à une forme d’architecture. Mais aussi Yves Saint Laurent qui introduit le tout premier smoking en 1966, puis la saharienne, le tailleur-pantalon et la combinaison. Pierre Cardin enfin, sera le premier couturier à faire cohabiter haute couture et mode populaire : son premier défilé de prêt-à-porter organisé en 1959 fera scandale auprès de certains créateurs de mode. Les icônes mode de cette décennie se révèlent très différentes : le mannequin anglais Twiggy et son look androgyne, Brigitte Bardot et son hyperféminité, Françoise Hardy et son élégance à la française, Jackie Kennedy et son chic indémodable, Elizabeth Taylor et ses tenues glamour.

L’arrivée des 70’s

Flower Power, Peace and Love : la vague hippie déferle en France.

Ce n’est pas un look qui marque cette décennie, mais bien plusieurs, qui inspirent encore beaucoup de tendances d’aujourd’hui. On souhaitait avant tout être original, ce qui donne une explosion de couleurs et de matières. Les teintes pop sont à l’honneur, tout comme les imprimés, qui peuvent être psychédéliques ou ethniques. On mélange des carreaux, les rayures, on porte du violet, du vert pomme, du rouge, du rose, de l’orange… 

Les codes des vestiaires masculins et féminins se mélangent : les femmes portent des coupes dites à la garçonne, des pantalons et des blazers quand les hommes se laissent pousser les cheveux. La vague Hippie apporte les imprimés floraux et également les vêtements à messages. « Flower Power », « Peace and Love » sont sur tous les t-shirts, portés avec des pantalons pattes d’eph et des blouses oversize. On aspire à la légèreté, l’insouciance… Le mouvement baba cool revendique un corps libéré de toutes contraintes… y compris vestimentaires. 

Tous adeptes du patte d’eph !

Femmes et hommes ne jurent que par ce pantalon également appelé « flare » ou pantalon twist. Il se caractérise par une taille haute, des cuisses fitées et des jambes qui s’évasent à partir des genoux. On le préfère en jean, porté avec un blazer ou une autre pièce tirée du vestiaire féminin. Et surtout on le customise : on le peint, on le coupe, on le brode… tout est permis, ou presque.

Quand la musique rythme nos dressings

Lʼémergence de nouveaux styles musicaux aura également une influence considérable sur la mode. C’est le temps du Disco et de ses références inoubliables : ABBA pour la musique, Saturday night fever, pour le cinéma… La paillette est de sortie, comme les sequins et les tissus lamés. La teinte gold ou les couleurs très vives, comme le rouge, le jaune, le vert se portent sans complexe.

La tendance Punk, en provenance d’Angleterre ou des États-Unis.

Les seventies, c’est aussi l’émergence du mouvement punk. Fraîchement débarqué d’Angleterre ou des États-Unis, il est représenté par les Sex Pistols, les Ramones ou David Bowie. Niveau tenue, on déchire nos jeans, on porte des imprimés écossais, des t-shirts à message, des Dr Martens, des bracelets à clous ou encore des kilts attachés avec des épingles à nourrice. 

C’est l’avènement des créateurs comme Issey Miyake, Karl Lagerfeld, Kenzo, Jean-Charles de Castelbajac ou Chantal Thomass.

Spritz, vous avez dit Spritz

Cet apéritif italien amer et pétillant est devenu synonyme de détente et de convivialité pour amateur éclairé. En fait, c’est beaucoup plus que cela et il représente un véritable art de vivre né dans la Rome antique avant de s’installer à l’heure de l’apéritif dans le nord de l’Italie puis dans le monde entier. Aujourd’hui, la recette « classique » est constituée de 3 volumes de prosecco, 2 volumes de bitter et 1 volume d’eau gazeuse mais il faut savoir que c’est seulement dans les années 1990 que le prosecco a remplacé petit à petit le vin blanc tranquille originel et aussi que le bitter le plus connu actuellement est bien sûr l’Apérol. Cependant, d’autres bitter peuvent être utilisés comme le Martini blanc ou encore le Campari. Léa, responsable des cocktails chez Nonna, utilise entre autres le Saint-Germain, réalisée à partir de fleurs de sureau fraîches, le Limoncello, liqueur de citron ou encore l’Italicus, liqueur élaborée à partie d’herbes, de fruits de bergamote et d’épices pour des Spritz originaux. Vous avez donc l’embarras du choix…

Les inoubliables années 1980

Les indétrônables années 1980, une référence en matière de mode.

Inoubliables parce qu’elles semblent être de retour en permanence. Cette décennie est plus que toutes les autres marquées par une vraie nostalgie. Peut-être parce qu’elle va être celle qui va transformer notre rapport au corps, ou parce qu’elle va être marquée par l’émergence de styles affirmés, porteurs d’un message idéologique ? 

Comment résumer la mode de ces années ? C’est un exercice difficile tant les styles sont différents. On s’affirme par sa façon de s’habiller, on emprunte les codes qui nous correspondent. Le mot d’ordre pourrait être le « too much » : on oublie les tenues sages, on mise sur l’excentrique et la provocation. Pas de tendance unique, cette mode se veut multiple et métissée. 

Toujours plus

Cʼest le moment où l’on ose tout. Des cocktails de couleurs flashy, des motifs – rayures, pois, strass, paillettes, des accessoires à profusion : on y va à fond ! 

Côté silhouette, les créateurs jouent sur les tailles et les dimensions. La carrure est hyper structurée grâce à des épaulettes XXL, qui resteront un des grands symboles des années 1980. La working girl avec son tailleur aux épaules larges fait son apparition. On porte également des sweats oversize sur des caleçons moulants, ou encore des robes pulls. Les bodys sont aussi des pièces incontournables, associés à des pantalons à pinces taille haute ou des jupes boules. L’arrivée de la pop apporte aussi ses codes : des couleurs acidulées ou satinées. Le streawear arrive tout juste des États-Unis : joggings colorés et baskets deviennent le combo incontournable. 

Le Streetwear débarque en France.

Des styles porteurs de messages

Plusieurs tendances apparaissent dans les années 1980, avec des codes très précis, permettant d’identifier l’appartenance au premier coup d’oeil. On parle de « tribus », et elles se déclinent en différents styles. Punks, Gothiques, New Wave… ces styles sont bien souvent portés par des mouvements musicaux.

Le culte du corps

Les corps se musclent, s’affinent, deviennent bronzés. Ils sont travaillés, exposés, c’est le début du culte du corps. Les acteurs de cinéma ou les chanteurs se voient quelque peu éclipsés par de nouvelles stars : les tops models. Hommes et femmes, leur corps et leurs mensurations sont présentés comme étant la perfection. Ils et elles deviennent des icônes pour toute une génération, font la une des magazines et concluent des contrats publicitaires pharamineux. Les tops, comme Cindy Crawford, Naomi Campbell ou Elle McPherson, vont devenir la référence, le modèle de corps à atteindre. Conséquence directe : on commence de plus en plus à parler de troubles alimentaires. Obésité, boulimie, anorexie, les modèles exposés aux yeux de tous comme uniques représentations de la beauté vont entraîner toute une génération dans une volonté de maîtrise du corps à l’excès.

Quel look pour quelle tribu ? 

Si aujourd’hui les looks semblent plus linéaires, plus standards, dans les années 1980, on avait le choix entre des styles très différents, portés par des icônes que l’on peut voir comme des leaders idéologiques. Robert Smith par exemple, le chanteur du groupe The Cure, avec ses tenues noires, son teint blafard et ses lèvres rouges va être suivi par de nombreux adeptes. Reconnaissables parmi les joggings fluo et les tailleurs épaulés, ils seront appelés par certaines les « curistes ». Au rayon des looks sombres, les gothiques seront aussi très représentés, créant un vrai contraste avec les amateurs de pop habillés de couleurs vives. 

Punk, Gothique, News Wave : on affirme l’appartenance à sa tribu par son style.

De nouveaux matériaux font également leur apparition. On va rechercher le confort, dans sa vie quotidienne, mais également durant nos séances à la salle de gym pour se sculpter un corps à la hauteur de nos ambitions. Les jambes se parent alors de legging en lycra. Cette innovation technologique présente de nombreux avantages. C’est une matière qui ne se froisse pas, qui résiste à l’eau, au chlore, à la chaleur, à la moisissure et aux bactéries. Elle est agréable à porter et ne se déforme pas. Si elle est l’alliée privilégiée des sportifs, son impact écologique est énorme. 

1990 : toujours plus de styles différents

Dans les années 1990 aussi, on a largement le choix quant au look à adopter. Les Punks, Gothiques et fans de NewWave sont toujours présents, ils cohabitent avec des tendances plus minimalistes, d’autres toujours aussi colorés et excentriques. Un nouveau mouvement naît : le Grunge. Il est porté par différents groupes, comme Pearl Jam, ou Nirvana et son emblématique leader, Kurt Cobain. À quoi reconnaît-on les Grunges ? Le mouvement se distingue déjà par une attitude qui se veut « anti-mode ». Ce style donne la liberté de s’habiller de façon confortable et comme on en a envie. Le combo parfait ? Le t-shirt over size masculin, le jean déchiré, troué, délavé, plutôt taille haute et la chemise à carreaux, portée de façon classique ou nouée autour de la taille. On porte aussi des shorts, des salopettes, des vestes en denim, et le motif tartan se retrouve également sur les jupes et les pantalons. On complète son look avec des bottines à lacets en cuir noir, des collants à motifs et des chaussettes hautes. Le bonnet est l’accessoire indispensable, à porter sur une chevelure longue et plutôt délaissée, mais qui se doit d’être secouée énergiquement sur Smells Like Teen Spirit.

Le mouvement Grunge influence encore la mode aujourd’hui.

Autre mouvement des années 1990 : le Girl Power. Porté par des groupes comme les Spice Girls, cette mode girly tendance féministe va se développer tout au long de la décennie. 

Un style toujours présent

La veste en jean est une pièce forte du dressing des années 1990.

Ses codes n’en finissent plus d’influencer nos dressings. On retient de ces années le total look denim, le sportswear, les t-shirts à messages, le crop-trop, les chaussures plateforme ou les Dr. Martens. Le jean se porte taille haute, avec t-shirt et chouchou dans les cheveux. 

Des marques de l’époque retrouvent une nouvelle jeunesse en rééditant notamment des pièces iconiques. On pense à Chevignon, Schott, Ellesse ou encore K-way, passé du ringard au hype en quelques années. Les griffes comme Levi’s, Tommy Hilfiger ou Fila sont à nouveau recherchées par les fashionistas. 

L’influence des séries américaines

Les looks de Brenda Walsh et de Rachel Green font partie des inspirations les plus marquantes. Berverly Hills 90210, Saved by the bell ou Friends offrent une galerie de personnages dont les looks ont été copiés et recopiés par les fans. À chaque diffusion d’un épisode, ils se ruaient dans les boutiques pour espérer trouver les pièces portées par leurs idoles. Les stars de la musique du moment influencent également la façon de se vêtir.  Gwen Stefani du groupe No Doubt, Britney Spears, Christina Aguilera, Mariah Carey ou Courtney Love : elles proposent toutes des looks différents, très typés, que l’on reproduit avec plus ou moins de réussite.

2000, les mal-aimées

Pour les experts de la mode, les années 2000 seraient plutôt à oublier, certains y faisant même référence comme une succession de traumatismes modeux. Pourquoi tant de haine ? Parce que plombée par l’héritage plutôt lourd des années 1980 et 1990, cette décennie a tout fait pour se démarquer sans beaucoup de succès. On lui reproche ses silhouettes de bimbos à l’américaine manquant franchement de chic et d’élégance : trop de couleurs, trop d’imprimés et – surtout – pas assez de tissu. On se retrouve avec des micros minijupes, des tops qui s’arrêtent juste en dessous de la poitrine, ou qui se fendent pour permettre d’exhiber son pierçing au nombril. Côté pantalon, on porte le jean coupé en dessous du genou, un peu bouffant ou un baggy avec beaucoup – beaucoup – de poches. 

Mais ce qui va marquer, ce sont surtout les associations improbables, comme les robes de soirée portées sur des jeans. 

L’avènement des marques

Les marques étaient déjà présentes, mais elles vont devenir prédominantes dans les années 2000. Elles s’exhibent et s’imposent, notamment dans le milieu sportif, avec le développement de la « basket urbaine ». Les grandes marques comme Adidas, Nike ou Puma misent sur les grands sportifs pour promouvoir leurs produits. Et cela fonctionne. De plus en plus de célébrités, hors du domaine du sport, jouent les égéries pour des enseignes de vêtements, de chaussures, de parfums ou d’accessoires.

Le développement de la « basket urbaine » a marqué les années 2000.

La décennie de tous les changements

La mode de 2010 se vit plus vite. Elle oscille entre la fast-fashion et une nouvelle éthique, démocratise les représentations des corps, et plonge dans le digital.

Les réseaux sociaux étaient déjà présents, mais c’est l’apparition d’Instagram en 2016 qui va changer la donne et faire entrer la mode dans l’ère de l’instantanéité. On peut l’illustrer par l’apparition du See now, Buy now. Les marques de luxe s’engagent alors à mettre en vente leurs collections de prêt-à-porter dès la fin du défilé et non plus six mois plus tard comme c’était le cas avant. Les fashionistas peuvent ainsi laisser pleinement s’exprimer leurs pulsions shoppings, sans aucune frustration. Certaines marques comme Dior, Hermès ou encore Chanel se refuseront à suivre ce mouvement.

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Instagram a apporté l’instantanéité dans la mode.

Ces nouveaux réseaux ont ainsi bouleversé la manière de diffuser, de promouvoir et de vendre la mode. La blogueuse laisse la place à l’influenceuse, qui va porter les vêtements, montrer ses sacs à main, ses bijoux et proposer – ou non – des codes promo à ses followers permettant d’acheter tous ces produits. Les marques, désireuses de cibler les millenials et la génération Z, s’emparent de ces codes. Mais si le smartphone est un outil magique pour s’adresser à sa cible, il peut aussi être un piège pour les marques. Mise en avant des processus de fabrication, appel au boycott, … la force des réseaux est telle que le moindre faux-pas est sanctionné immédiatement. 

Une mode plus inclusive 

La mode des années 2010 se veut plus inclusive.

Même si les stéréotypes restent très présents, on voit peu à peu les représentations du corps se modifier. Des filles ultrafines des années précédentes, on passe à la relative acceptation des formes et des types de corps. Hashley Graham, mannequin grande taille, met en avant un corps pulpeux, loin des codes classiques du milieu. Elle promeut en outre l’idée d’acceptation de soi, quel que soit notre physique. La décennie a vu émerger des mannequins aux physiques de plus en plus diversifiés : Valentina Sampaio, mannequin transgenre, Winnie Harlo, atteinte de la maladie de peau vitiligo et bien d’autres encore. 

Les marques qui ne suivent pas le mouvement subissent critiques et pertes de chiffre d’affaires importants. On peut citer en exemple Victoria’s Secret et son fameux défilé des anges. Face à la montée d’une mode représentant tout le monde, la marque a été obligée de revoir son positionnement. Fin des anges, virage à 180° sur l’inclusivité, des changements qui ne la sauveront peut-être pas, tant ils sont perçus comme une opportunité marketing plus qu’un réel engagement. 

Les marques inclusives, qui mettent en avant tous les physiques, tous les corps, toutes les personnalités, remportent quant à elles un vrai succès auprès du public, lassé de devoir entrer dans des carcans depuis des années.

Plus d’éthique

Si le début de la décennie est marqué par la fast-fashion, c’est bien l’urgence éthique qui définit sa fin. Le rythme effréné de production conduit les designers en burn-out et entraine des conditions de travail déplorables dans les industries du textile. Le drame qui s’est déroulé au Bangladesh en avril 2013, avec l’effondrement des ateliers de confection du Rana Plaza, a fait plus de 1 127 morts. Et le monde découvre l’envers du décor de cette mode rapide et pas cher, et sa responsabilité dans un quotidien éprouvant pour les travailleurs dans ces ateliers. Le constat sur la pollution engendrée par cette industrie met aussi en lumière son impact environnemental colossal. 

L’essor des friperies permet de consommer responsable.

Enfin, avec l’élan du mouvement #metoo, de nombreux scandales éclatent, mettant en cause de grands noms de la mode, et brisant le silence sur les agressions subies dans le milieu. Les comportements changent lentement, mais la mode entre peu à peu dans une démarche plus éthique, responsable à tous les niveaux. Les tailles et les coupes sont plus variées, on trouve des marques soucieuses du bien-être de ceux qui confectionnent leurs vêtements. Les gammes bio, produites en respectant l’environnement se multiplient. Notre façon de consommer change également. Le développement de la seconde main, au travers de l’essor des friperies ou de la vente en ligne entre particuliers, permet d’assouvir ses envies en restant dans une démarche responsable.  

Métrosexuel, übersexuel, lumbersexuels : la question des looks masculins 

Métrosexuel, übersexuel, lumbersexuel : quel sera le nouveau terme pour désigner les hommes de 2022 ?

Le terme métrosexuel désignait des citadins soucieux de leur apparence vestimentaire. Il y a eu aussi les spornosexuels, ces hommes qui sculptaient leur corps de sportif et aimaient l’exhiber. Nous avons aussi entendu parler des néomachos, puis des übersexuels. Ce terme désigne un homme à l’apparence macho ou viril, mais qui l’entretient soigneusement. Concrètement, tout est dans le poil : barbe de 3 jours, torse velu qui dépasse de la chemise, à l’image de George Clooney ou Antonio Banderas. 

Qui lui a succédé ? Le lumbersexuel, venu lui aussi des États-Unis. Le site américain « Gear Junkie » le définit comme un homme au look de bûcheron, amoureux de la nature et des nouvelles technologies. On le reconnaît à sa barbe, sa chemise canadienne et ses Pataugas aux pieds. Mais, à la différence du hipster, il ne chercherait pas à créer la tendance. Son style très « prêt pour la randonnée » ne serait qu’illusion, puisqu’on le retrouverait davantage à arpenter les grandes artères que les chemins de rando. Peuple-t-il vraiment nos villes ou ce concept est une nouvelle fois resté au stade de théorie ? Et surtout, quel sera le prochain look de l’homme dans les années à venir ?

Quelles tendances pour les années 2020 ?

Comment s’habilleront les invités à une soirée « 2020 » dans quelques années ? Que retiendrons-nous de la décennie que nous sommes en train de vivre ? Moins de couleurs que dans les années 1960 ou 1970, moins de styles différents que dans les années 1980, mois d’exubérance que dans les années 1990 ? 

L’attrait pour le minimalisme n’incite pas à la fantaisie et limite les sources d’inspiration. Les influenceurs quant à eux dictent les tendances, mais entraînent une certaine uniformisation chez ceux qui les suivent.

Une mode durable, éthique et minimaliste pour les années 2020.

Ce qui est certain, c’est que la durabilité s’impose comme une tendance sur le long terme. Le recyclage, mais aussi le surcyclage sont plus que jamais sur le devant de la scène. Les consommateurs vont être de plus en plus attentifs à la provenance de leurs vêtements. Quelle matière, quel tissu, quel processus de production, mais aussi quelles conditions de travail dans les ateliers de confection : tout ceci est scruté et pèse dans la décision d’achat. Les grandes marques s’adaptent et proposent des lignes spécifiques de produits écologiques, les industriels soutiennent également des programmes environnementaux pour tenter de compenser leur impact sur la planète.  Les années 2020 seraient donc la décennie de la mode durable, éthique et minimaliste. Ce qui ne veut pas pour autant dire un look triste : en se détachant des tendances, en laissant sa propre personnalité s’exprimer, on se construit un style unique qui nous ressemble.

Quelle sera la mode du futur ? 

Selon les spécialistes, l’avenir de la mode sera dicté par deux axes : la durabilité et la numérisation. Le premier utilisant les technologies du second.

Le métavers fait entrer la mode dans l’ère du virtuel.

La mode va chercher dans un premier temps à prendre soin de nous. Depuis plusieurs années, les fabricants de textiles et les marques expérimentent des vêtements aux propriétés bénéfiques pour la santé. On peut citer, par exemple, l’intégration de nanocapsules qui soignent la peau et améliorent la régénération. Certains développent aussi des traitements spéciaux pour les textiles : ils tuent les virus et les bactéries.

La mode à l’aube du métavers

La technologie 3D offre une multitude de possibilités à l’industrie textile. Il est aujourd’hui possible d’essayer des versions numériques des vêtements via des avatars personnalisés, avant même leur production. Les défilés se font désormais grâce à des mannequins numériques, comme Lil Miquela, et les campagnes via des influenceuses numériques comme Imma.Gram. Grâce au monde virtuel du métavers, les marques vont vendre leurs produits dans le monde réel, mais aussi via des NFT dans des jeux comme Roblox ou Fortnite. Quand les marques classiques commencent tout juste à se lancer, certaines entreprises se concentrent déjà uniquement sur la mode numérique.

Seconde main, location et économie circulaire

Les consommateurs vont devenir de plus en plus exigeants quant à l’engagement des marques pour des produits durables. Mener quelques actions pour compenser ne suffira pas, c’est plutôt la neutralité climatique voire la positivité climatique qui sera exigée. Pour y parvenir, de plus en plus de commerçants, de marques et de consommateurs optent pour une consommation alternative plutôt que d’acheter de nouveaux produits. Ils sont nombreux à investir dans de nouveaux modèles commerciaux de revente et proposent des marchandises de seconde main en parallèle des collections régulières. 

Le marché de l’occasion devrait, selon les prévisions, doubler d’ici 2025 pour atteindre un total de 34 milliards d’euros.

Particuliers, marques et commerçants se lancent dans cette nouvelle façon de consommer : louer ses produits plutôt que les acheter. Pour des activités temporaires, comme le ski, ou pour une soirée chic, on ne cherche plus forcément à posséder, mais à utiliser au bon moment. On loue ainsi des vêtements de sport, des robes de luxe en fonction de ses besoins. 

Les marques vont aussi de tourner vers l’économie circulaire ou encore la réduction de l’empreinte carbone. Cela est rendu possible grâce, par exemple, à l’utilisation de coton provenant de sources qui utilisent des méthodes d’agriculture écologique régénérative. C’est-à-dire qui aident à reconstituer le carbone dans le sol.

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