Vous lisez actuellement
S’encrer

S’encrer

De plus en plus de tatoueurs, de plus en plus de tatoués… cet art millénaire embellit, console, répare, et permet de témoigner de moments de nos vies.

La France compterait environ 20 000 tatoueurs, avec chaque jour des dizaines de jeunes qui se lancent.

L’image marginale du tatouage est très loin derrière nous : selon une enquête Ifop, 7 millions de Français, soit 14 % de la population, arborent au moins un tatouage. Ce phénomène grandissant pousse même certains à revendiquer l’absence totale de tatouage comme véritable acte de rébellion. 

Cette augmentation continue est encore plus prononcée chez les plus jeunes : 29 % des moins de 35 ans sont ou auraient déjà été tatoués. Il suffit de jeter un coup d’œil autour de nous pour confirmer cette tendance. Mais cet art séduit à tout âge : les seniors n’hésiteraient plus à sauter le pas.

Art primitif devenu populaire

La plus ancienne trace de tatouage a été identifiée en Eurasie et daterait du Néolithique. Celui que l’on a nommé « l’homme des glaces », Ötzi, a été retrouvé en 1991 momifié à la frontière italo-autrichienne. Vieux de plus de 5 300 ans (il serait né vers – 3 300 av. J.-C.), il arborait 61 tatouages, supposés thérapeutiques. Les scientifiques présument en effet que les petits traits parallèles inscrits sur sa peau avaient pour objectif de soigner son arthrose. Ces tatouages étaient réalisés à partir d’incisions dans lesquelles on frottait du charbon de bois. De nombreuses momies égyptiennes de femmes portent également des tatouages.

Le tatouage a finalement été pratiqué dans toutes les régions du monde et à toutes les périodes. Son évolution dépend cependant des cultures. Au Japon, durant l’époque d’Edo (1600-1868), l’irezumi (tatouage japonais) devient synonyme de punition puisque les criminels sont tatoués de force sur le bras ou sur le front. Malgré cette image négative, l’irezumi se développe. Le gouvernement l’interdira en 1872 avant de l’autoriser à nouveau à partir de 1948. En Europe, le tatouage, jugé comme un symbole païen, sera aussi proscrit dès 787 par l’Église. Il réapparaîtra au XVIIIe siècle, après son appropriation par des marins européens de retour de Polynésie. En Union soviétique, dès 1922, le tatouage sert aux prisonniers à graver sur leur peau leur parcours criminel.  

De peau et d’encre
Clémence Mesnier – Éditions du Trésor

Embarquez pour une expédition autour du monde, à la découverte des diverses formes de tatouages et de leurs multiples significations. Tour à tour parure graphique sur le visage des femmes inuites, apanage des criminels au Japon, geste de soin traditionnel en Afrique du Nord, phénomène de foire dans les États-Unis du XIXe siècle ou rite initiatique en Polynésie… Apprenez comment et surtout pourquoi on se fait tatouer ici et ailleurs.

De l’underground à la pop culture

Les premiers studios de tatouage ouvrent en Europe au milieu du XXe siècle, et la pratique s’étend vraiment dans les années 1970 tout en restant underground, se cantonnant aux punks, aux bikers, aux rockers, aux rappeurs, aux membres de gangs… À partir de 1980, aidé par les stars de la musique, du cinéma et de la pop culture en général, le tatouage va se démocratiser et concerner tous les publics. 

Le terme « handpoke » se traduit littéralement par « piquer à la main ».

Dermographe ou handpoke ?

C’est un tatoueur américain de New York, Samuel O’Reilly, qui invente la première machine à tatouer électrique, en 1891. Il s’inspire alors du stylo électrique de Thomas Edison créé quelques années plus tôt, auquel il ajoute des aiguilles et un tube permettant d’insérer l’encre dans la peau. Le dermographe a connu de nombreuses évolutions, l’outil s’est allégé et modernisé. Il existe aujourd’hui différents types d’appareils : la machine à bobines, rotative… Formes, poids, tailles, les tatoueurs bénéficient d’un large choix pour leur outil de travail. Certains optent aussi pour un retour aux origines, avec la technique du handpoke. Il s’agit de piquer les tatouages à la main, d’encrer point par point. Ici, c’est le geste du tatoueur qui maîtrise la profondeur, l’angle de pénétration, la force et la rapidité du coup. Cette technique nécessite une grande dextérité et un vrai savoir-faire.

Pourquoi se faire tatouer ? 

Grande question pour une multitude de réponses. Certains n’y voient qu’un aspect purement esthétique, avec pour unique ambition d’embellir son corps.

Le tatouage peut être un moyen puissant d’affirmer sa personnalité.

Pour d’autres, il s’agit d’une forme d’expression personnelle qui peut servir de thérapie. Les personnes vont ainsi encrer sur leur peau leurs trajectoires, pour exorciser les blessures, fêter les victoires, se rappeler du chemin parcouru. Les survivants d’une maladie grave, d’un évènement traumatisant peuvent se faire tatouer pour marquer ces passages et célébrer leur résilience. Il s’agit aussi de se réapproprier son corps et d’y inscrire de façon indélébile les différentes étapes de notre vie. 

Le tatouage peut aussi aider les personnes à dépasser leurs complexes. Ils peuvent notamment couvrir des parties du corps mal-aimée ou encore des cicatrices ou des stigmates d’une maladie. Enfin, il est possible de fêter la joie d’une naissance, d’un amour, d’une amitié, en se faisant tatouer des prénoms, des dates ou des motifs chargés symboliquement. 

Bien choisir son tatoueur

Les réseaux comme Instagram permettent d’admirer le travail de tatoueurs du monde entier. Mais de belles photos et des likes ne suffisent pas pour attester du sérieux et du talent. Un tatoueur professionnel doit savoir manier les différents outils, garantir un environnement hygiénique, mais aussi créer des dessins personnalisés, s’adapter aux demandes des clients et réaliser des tatouages de qualité. 

Bien choisir son artiste pour éviter des désastres.

Cependant, légalement, la seule véritable obligation pour s’installer à son compte est de suivre une formation de trois jours aux règles d’hygiène et de salubrité auprès d’un organisme
habilité. Des formations existent, comme à l’École Française du Tatouage, mais beaucoup de tatoueurs optent pour l’apprentissage aux côtés d’un professionnel aguerri. 

Pour sélectionner son tatoueur, il est donc important de bien se renseigner avant de pousser la porte du salon. Pour s’assurer de son sérieux, mais également pour choisir celui ou celle dont le style et la façon de travailler vous conviendront le mieux. Une fois votre choix arrêté, il est toujours plus intéressant de pouvoir échanger avec l’artiste avant de vous lancer, c’est aussi une question de feeling. Les tatoueurs proposent presque tous des motifs dits « flashs », c’est-à-dire des dessins prêts à être tatoués. Vous pouvez piocher parmi ceux présentés, ou opter pour une œuvre originale. Pour cela, vous devrez expliquer votre demande, vos envies au tatoueur. Il réalisera alors un dessin, que vous pourrez modifier pour obtenir le résultat souhaité. 

Quelles sont les tendances du moment ? 

Même s’il est dangereux de suivre les courants pour quelque chose qui est par définition intemporel puisqu’indélébile, il existe bien entendu des modes dans le monde du tatouage. 

Pour cette année 2024, les spécialistes ont identifié plusieurs tendances fortes, telle celle du tatouage bijoux.  Il s’agit de dessins de bijoux que l’on encre sur le poignet par exemple, comme un ornement. Les portraits d’animaux sont également très demandés : certains n’hésitent pas à se faire tatouer leur chien, leur chat, photo à l’appui. Du côté des motifs, les fleurs occupent toujours une place importante, qu’elles soient grosses, petites, en noir ou en couleurs. Les petits animaux sont aussi plébiscités et notamment les fauves en action, tels que des tigres ou des guépards. On retrouve encore les motifs cœur, papillon ou la boule disco, représentative de joie, de danse et de liberté. 

Les tatouages représentant des fleurs sont très prisés.

Les tatouages à lignes fines sont de plus en plus demandés, en particulier par les femmes, en cohérence avec les envies actuelles de minimalisme et de discrétion. Le wawy-tattoo, ces lignes épurées qui suivent à la perfection les courbes et les formes du corps pour les sublimer sont de même dans la tendance, tout comme le cute design, ces petits motifs allant des lunes aux animaux. 

Qu’est ce que le matching tattoo ?

Matching tattoos ou tatouages assortis sont des tatouages que l’on fait en commun avec un proche, une amie, une personne de sa famille. Ils représentent l’amour partagé, l’amitié sincère et la solidarité familiale. Le dessin peut être identique et au même endroit ou alors être légèrement différent, mais toujours dans un style similaire, ou complémentaire. On trouve ainsi des initiales, un cadenas et une clé, un puzzle avec des pièces manquantes, les empreintes de mains ou de pieds des enfants, un arbre généalogique… 

Lever l’encre – Carnet de voyages et de tatouages
Collectif – Éditions Delcourt

Structuré comme un carnet de bord, Lever l’encre suit l’auteur se faire tatouer dans différents pays. On part à la rencontre d’artistes incroyables tout en explorant pourquoi et comment on tatoue son corps, ainsi que les diverses cultures du tatouage. S’y ajoutent les imprévus et les petits miracles de la vie ! Cette BD reportage au style coloré incarne le cheminement et les voyages de son auteur.

Douleur, mythe ou réalité ?

La douleur ressentie est très différente d’un individu à un autre. Cependant, se faire tatouer, c’est objectivement plusieurs aiguilles qui entrent et sortent de la peau très rapidement pour faire pénétrer l’encre le mieux possible. Donc oui, c’est assez pénible, même si cela varie d’une zone à une autre du corps. En général, les emplacements où convergent de nombreuses terminaisons nerveuses et là où la peau est la plus fine et donc les os plus proches sont plus désagréables. L’intérieur des bras est par exemple moins sensible, quand les côtes sont considérées comme l’endroit le plus délicat. 

La douleur perçue est très différente d’une personne à une autre.

Encore une fois, la tolérance à la douleur est très personnelle, ce qui pose problème finalement, c’est surtout la durée : lorsque le tatouage demande plusieurs heures de travail d’affilée, cela peut devenir difficilement supportable. Pour les grosses pièces, plusieurs séances sont souvent nécessaires.

Bien préparer sa séance

Pour limiter la douleur, il est important de bien préparer sa séance. Il faut bien manger, beaucoup s’hydrater et bien dormir la veille. Plus vous arriverez détendu, et mieux vous vivrez le moment. Certains habitués expliquent que ce sont les 15/20 premières minutes les plus difficiles puisque c’est la durée qu’il faut à notre corps pour produire des endorphines qui vous nous aider à supporter la douleur. On se détend, on respire, on discute avec l’artiste pour détourner notre attention et faire de cette séance un vrai temps d’échange. Il est aussi possible de venir avec ces écouteurs pour être accompagné par une musique apaisante. 

Un style pour chacun

Le old school fait partie des styles les plus connus.

Le tatouage est tout sauf un art linéaire. S’il est illusoire de vouloir enfermer chaque tatoueur dans une case bien définie, il existe pourtant différents grands courants identifiables.  Le Old School par exemple, ou américain traditionnel, né aux États-Unis dans les années 1930 à 1950. Ils se caractérisent par des contours aux traits épais et des remplissages assez simplistes, en couleurs basiques ou en noir et gris. Du côté des motifs, l’inspiration vient souvent de l’univers marin ou encore carcéral ; on y trouve des roses, des bateaux, des animaux sauvages, des pin-ups…

Dans la lignée du old school, il y a le néo-traditionnel. Ce style en reprend les codes et l’imagerie tout en les modernisant avec un traitement graphique contemporain. Il y a également le New School, né lui aussi aux États-Unis, dans les années 1970. On retrouve là encore certains codes du old school, mais ce style s’inspire surtout de la pop culture, du graffiti, des cartoons et des comics. Les lignes sont épaisses, les couleurs très vives, les pièces sont plus dynamiques. 

Réalisme et micro-réalisme

Mélanger les styles ou rester fidèle.

Comme son nom l’indique, les artistes tatoueurs réalistes vont s’attacher à atteindre un niveau de réalisme toujours plus grand. Leur talent s’exprime essentiellement dans le portrait, que ce soit d’un être humain ou d’un animal. Une attention toute particulière doit être apportée aux ombrages et à la lumière. Avec le micro-réalisme, on cherche à moderniser ce style. Les pièces sont ici plus petites, avec plus de travail d’ombrages. D’autres courants sont aussi apparus, comme l’hyper-réalisme ou le tatouage 3D. Ces styles nécessitent une très grande maîtrise de la part de l’artiste tatoueur : le résultat peut être sublime, bluffant, comme terriblement angoissant lorsque la pièce est approximative, voire carrément ratée. 

Le tatouage japonais, l’intemporel

S’il a évolué au travers des époques, il conserve encore aujourd’hui une codification stricte et un graphisme reconnaissable au premier coup d’œil. Chaque motif utilisé renvoie à une symbolique bien précise.  Les carpes koi, ces poissons colorés, représentent la persévérance et la force, alors que les dragons évoquent la puissance et la protection. Les fleurs de cerisier incarnent la beauté éphémère, tandis que les chrysanthèmes sont associés à la vie et à la mort. L’artisanat méticuleux des tatoueurs japonais, appelés horishi, est renommé pour sa finesse et son souci du détail. Chaque ligne, chaque ombrage est exécuté avec une expertise remarquable, créant des œuvres d’art vivantes sur la peau.

De l’aquarelle au dotwork 

Outre les styles bien connus tels que le réalisme, l’old school et le néo-traditionnel, une multitude d’autres genres émergents.

L’aquarelle, par exemple, est caractérisé par des traits délicats et des éclaboussures de couleur, créant des motifs qui ressemblent à des œuvres d’art abstraites. Inspiré par la peinture du même nom, il évoque souvent une sensation de fluidité et de mouvement sur la peau. Le style géométrique, quant à lui, se distingue par l’utilisation de formes et de lignes nettes pour concevoir des dessins complexes et symétriques. Des triangles et des hexagones aux mandalas, il offre une esthétique contemporaine et hypnotique.

Il n’y a pas d’âge pour se faire tatouer.

Les tatouages ​​dotwork gagnent en popularité, mettant en valeur des pièces constituées de milliers de petits points. Cette façon d’encrer est souvent inspirée par l’art aborigène et tribal. Le style minimaliste, comme son nom l’indique, se concentre sur la simplicité et l’épuré. Des lignes fines et des motifs subtils sont utilisés pour créer des tatouages ​​élégants, parfaits pour ceux qui recherchent une esthétique discrète.

Voir aussi

Enfin, le style trash polka, originaire d’Allemagne, mélange des éléments réalistes avec des éléments graphiques et abstraits pour des tatouages ​audacieux et visuellement saisissants. Ce style unique est souvent associé à des thèmes sombres et provocateurs.

Des tatouages qui réparent

Des tatouages pour se réapproprier son corps après une épreuve.

Dans un tiers des cas de cancer du sein, une mastectomie est indiquée. Cette intervention chirurgicale consiste en l’ablation totale de la glande mammaire et parfois de la plaque aréolo-mamelonnaire. La première étape de la reconstruction se limite à recréer le galbe du sein lui-même, et non le mamelon ni la coloration de l’aréole qui l’entoure. Plusieurs options existent alors, cela peut être une greffe, une opération chirurgicale ou un tatouage, soit médical effectué par un professionnel de santé, à l’hôpital ou chez un dermatologue, soit artistique. 

La reconstruction post-cancer peut aussi passer par le tatouage.

Une technique fait beaucoup parler depuis des années par la qualité de ses résultats : le tatouage 3D. Il permet d’imiter en trompe-l’œil les reliefs de l’aréole et du mamelon. Un soin particulier est apporté pour donner un résultat le plus ressemblant possible au sein restant (couleur, taille, forme, relief…) et assurer un maximum de naturel. Cette technique peut notamment simuler le relief et les irrégularités de la peau. Cela permet aux femmes de se réapproprier leur corps, de retrouver un peu du sein perdu. Certaines préfèrent opter pour un tatouage ornemental, pour masquer les cicatrices et célébrer leur parcours, leur victoire contre le cancer. 

Le plus important dans cette démarche : trouver le professionnel approprié. Ce type de tatouages ne s’improvise pas, cela nécessite une très bonne connaissance des contraintes liées à la pathologie du cancer du sein, aux tissus cicatriciels, et une formation solide en tatouage 3D. Se rapprocher des associations de patientes, s’informer bien en amont permet de sélectionner le bon tatoueur.  

Des tatouages éphémères

Cette technique de tatouage en 3D pour la reconstruction post-mastectomie reste onéreuse et non prise en charge par la sécurité sociale. Les délais sont parfois longs pour obtenir un rendez-vous et il faut attendre d’être « tatouable » (temps à respecter depuis la dernière chirurgie, acte non compatible avec le traitement de chimiothérapie). Pour pallier ces situations, la tatoueuse Alexia Cassar, une pointure dans le domaine, à la tête du « The Tétons Tatto Shop », a lancé il y a peu des tétons en décalcomanie. Ces tatouages temporaires sont disponibles en plusieurs modèles et peuvent aussi permettre de se faire une idée du résultat avant de passer à l’acte. 

Des regrets ? 

Se faire tatouer, c’est encrer sa peau de façon indélébile. Mais parfois, ce que nous aimions il y a quelques années ne nous convient plus. Cela peut-être un tatouage raté, ou qui vieillit mal, ou juste quelque chose que nous n’avons plus envie de voir au quotidien. Prénom d’un amour perdu, stigmate d’une période rebelle révolue, souvenir d’une soirée trop arrosée, d’un pari entre amis ou tout simplement lassitude, il existe des solutions pour effacer un tatouage ou au moins pour l’atténuer le plus possible. 

Le laser permet aujourd’hui d’effacer les tatouages devenus indésirables.

La méthode la plus couramment utilisée est le laser. Un dermatologue ou un médecin esthétique va ainsi pratiquer cet acte médical : il s’agit de fragmenter les gouttes d’encre dans la peau pour qu’elles puissent être évacuées naturellement par l’organisme. La technique la plus puissante aujourd’hui serait celle du laser dit picoseconde, venue succéder au laser nanoseconde ou Q-Switched. Cette nouvelle technologie, encore plus efficace, garantit des impulsions à un rythme beaucoup plus court. Au fil des séances, le tatouage s’atténue, jusqu’à disparaitre. Réputées douloureuses, les séances de détatouage sont relativement onéreuses. Là aussi, il convient de s’adresser à des professionnels reconnus et d’éviter les promesses irréalisables. 

L’alternative : le cover 

Si vous n’aimez plus votre tatouage, mais que vous ne voulez pas pour autant rester la peau nue, une alternative s’offre à vous : le cover. Il s’agit de faire recouvrir un ancien motif qui aurait mal vieilli ou que l’on ne désire plus voir. La première démarche va être de se rendre dans son salon préféré pour demander l’avis du professionnel. Lui seul pourra évaluer ce qu’il est possible de faire, en fonction de la taille, de la couleur, de l’emplacement et de votre souhait. Il vous indiquera ainsi la dimension minimale nécessaire pour que le recouvrement soit envisageable, sa vision de la composition, des couleurs, des dégradés de noirs, etc. 

Le cover nécessite une bonne collaboration avec l’artiste tatoueur.

Il existe d’autres façons de masquer, recouvrir ou effacer un tatouage, en dehors du cover ou du laser. On peut par exemple opter pour le full-black. Cette technique consiste à colorer toute une partie du corps en noir uni. C’est un processus long et assez douloureux, mais qui séduit de plus en plus. Il permet notamment de masquer plusieurs tatouages d’un coup. Autre alternative : le blast-over ; il s’agit ici de refaire un tatouage sur un ancien sans se soucier de le recouvrir entièrement. Le nouveau tatouage vient se superposer sur la ou les pièces en dessous et ressort donc au premier plan. 

La fascination autour du tatouage

Les artistes tatoueurs sont devenus des stars des émissions télé.

Il existe aujourd’hui de multiples émissions ayant pour thème le tatouage. Cela contribue d’ailleurs à sa popularisation. Il y a des concours pour désigner le meilleur tatoueur, durant lesquels les candidats relèvent des défis face à des jurys de professionnels. Ink Master est peut-être la plus connue. Ponctuée d’un nombre impressionnant de « bips », version américaine oblige, elle est diffusée depuis janvier 2012. Plusieurs émissions ont également suivi le quotidien de salon de tatouage comme LA Ink, faisant connaître, en France, la tatoueuse Kat on D. 

Vous laisseriez-vous tatouer à l’aveugle un motif choisi par quelqu’un d’autre ?

En mars dernier, RMC Story a lancé la première compétition de tatouage à la télévision française : « Le meilleur tatoueur ». Le principe de l’émission ? Chaque semaine quatre tatoueurs vont s’affronter dans des défis qui permettront de comprendre au mieux qui ils sont en tant qu’artistes et de juger leurs trajectoires techniques et artistiques. Il y aura des défis longs, sur deux jours de diffusion, et des défis courts, via lesquels ils prouveront qu’ils sont capables de maîtriser toute la technicité.

Adepte du cover, vous pouvez aussi vous plonger dans les séries dédiées à cette technique particulière, disponible en version anglaise « Tatoo Fixers » ou version française « Sauveurs de tatoo ». L’occasion de découvrir des pièces considérées par leurs porteurs comme honteuses aujourd’hui, des tatouages clairement ratés ou qui correspondent à une partie de la vie qu’ils préféreraient oublier. On comprend ici tout l’intérêt mais aussi toute la complexité de la technique du cover.

Cap ou pas cap ? 

Il y a quelques années, les Britanniques ont proposé une émission inédite : « Just tatoo of us ». Le concept ? Des volontaires acceptent de se faire tatouer un dessin créé par un ami sans le voir ni le valider. Cela aurait pu être de belles preuves d’amitié, mais le show va vite virer au trash, avec des coups tordus et des vengeances à peine dissimulées. Un serpent pour le phobique, un pack de bières à la place des abdominaux, le visage de Donald Trump, une pompe semblant gonfler un sein, un sextoy sur la cuisse… l’imagination des invités est sans limite. Des tatouages importables, avec des réactions allant de l’humour (bon joueur) à la rage totale, certains en venant carrément aux mains (de façon plus ou moins scénarisée). Et toujours plusieurs questions tout le long du programme : mais pourquoi avoir accepté de participer à ça ? Et quand même : quel tatouage tordu ferais-je à quelqu’un que je n’aime vraiment pas ?

What's Your Reaction?
J'aime
0
Hmm
0
C'est fou
0
Top !
0
Wahou
0

News'mag © 2020. Réalisé par Hachetag - Agence de communication Reims

Retour en haut