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L’envie d’entreprendre
30 octobre 2026
La dynamique entrepreneuriale est très forte depuis plusieurs mois, malgré un contexte plutôt morose. Mais qui sont les entrepreneurs d’aujourd’hui ? Quelles sont leurs motivations, comment se lancent-ils et, surtout, comment définissent-ils leur réussite ? La fibre entrepreneuriale relève-t-elle du mythe ? Et si les salariés devenaient les patrons ? À plusieurs, l’aventure est-elle plus belle ? Quand créer son entreprise devient une solution

Par Julie Simon
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Monter sa boîte serait le rêve de près d’un Français sur trois. Un chiffre qui augmente régulièrement depuis plusieurs années. On pourrait pourtant penser que le contexte économique, national comme international, freinerait les enthousiasmes. Il n’en est rien, ou plutôt pas toujours. Car les motivations pour entreprendre sont très diverses, tout comme les façons de créer son activité. De la PME à la société qui emploiera des centaines de personnes, du commerçant à la startup dans la tech, de la micro en complément à l’entreprise partagée… le secteur de l’entrepreneuriat ouvre toutes les possibilités.
Au-delà du rêve entrepreneurial
Pourquoi devenir son patron fait-il toujours rêver ? Qu’est-ce qui rend cette aventure si séduisante ? La liberté, avant tout ! Celle de prendre ses propres décisions, de choisir ses projets, d’organiser son quotidien et de donner à son activité la direction souhaitée. Entreprendre, pour beaucoup, c’est aussi la possibilité de construire quelque chose qui nous ressemble, en accord avec ses envies, ses convictions et ses ambitions. Pour certains, le rêve consiste à transformer une passion en métier, à valoriser un savoir-faire ou à donner vie à une idée longtemps mûrie. Pour d’autres, il s’agit de changer de voie, de relever un nouveau défi ou de retrouver le plaisir de travailler. L’entrepreneuriat séduit également par les perspectives qu’il ouvre. Développer son activité, voir grandir un projet imaginé de toutes pièces, gagner en autonomie financière ou créer des emplois sont autant de sources de motivation. Sans oublier l’espoir d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, avec la possibilité d’aménager son emploi du temps selon ses priorités. Le fameux mythe de l’entrepreneur nomade qui travaille 2h par jour dans des paysages du bout du monde en gagnant très bien sa vie fascine toujours.
1. En septembre 2026, la France a enregistré un record de créations d’entreprises avec 119 307 nouvelles structures, soit 1,1 % de plus qu’en août.
2. 29 % des Français aimeraient créer ou reprendre une entreprise, ou se mettre à leur compte, contre 21 % en 2021 (OpinionWay -2026).
Certains semblent avoir la fibre entrepreneuriale dans le sang. Dès le plus jeune âge, ils se lancent, multiplient les initiatives, imaginent des services à proposer et créent de petites entreprises. D’autres découvrent cette vocation bien plus tard, au cours de leur parcours professionnel. Cela peut être grâce à une rencontre ou à l’occasion d’une opportunité.
Mais faut-il avoir la fibre entrepreneuriale pour se lancer ? Fort heureusement, non. Même si certaines qualités sont très utiles à la création d’entreprise, il n’y a pas qu’un seul profil d’entrepreneur. Certains partent des ressources dont ils disposent pour imaginer une activité, tandis que d’autres repèrent d’abord un besoin auquel ils souhaitent répondre. Mais avoir des idées et de l’énergie ne suffit pas. Il faut aussi savoir garder le cap, surmonter les difficultés et faire évoluer son projet dans la durée.
Le fameux goût du risque, que l’on associe souvent à cette fibre entrepreneuriale, n’est pas le seul moteur. La résilience, la capacité à bien s’entourer sont autant de compétences nécessaires à la création. Et là émerge une qualité essentielle : bien se connaître. Un dirigeant visionnaire n’est pas forcément un excellent gestionnaire, et inversement. L’enjeu consiste donc à identifier ses points forts, reconnaître ses limites et trouver les bonnes personnes pour compléter ses compétences.
4. On peut avoir la fibre entrepreneuriale dès le plus jeune âge.
5. La bonne idée n’est pas le seul déclic pour décider de devenir entrepreneur.
La fibre entrepreneuriale ne peut se résumer à un tempérament, elle est par contre davantage liée à l’environnement dans lequel on a évolué, à notre capacité de se dire que c’est possible et que l’on peut entreprendre de multiples façons.
Pourquoi « monter
sa boîte » ?
Le fantasme de devenir son propre patron naît d’envies, de besoins très simples. Plus de liberté, d’autonomie, désir de s’accomplir, de travailler pour soi, etc. Mais les motivations réelles pour créer une entreprise sont finalement très différentes d’une personne à une autre et, surtout, d’un projet à un autre. Parce qu’il existe une multitude de façons de « monter sa boîte ».
L’image de la petite ampoule qui s’allume au-dessus de la tête illustre bien cette catégorie d’entrepreneurs qui sont avant tout à la recherche de la bonne idée, celle qui va permettre de résoudre un petit problème récurrent, d’apporter une solution concrète, de créer un nouveau besoin ou de changer durablement les habitudes. Pour cela, ils puisent dans leur propre expérience.
6. L’innovation, c’est aussi apporter des solutions aux petits problèmes du quotidien.
Dans la catégorie « soucis du quotidien », l’entreprise rémoise Cygnes a choisi les collants qui filent. Les deux cofondateurs proposent ainsi depuis quelques années maintenant des modèles ultrarésistants, conçus pour être portés plus de 60 fois, contrairement aux collants traditionnels qui filent souvent après quelques utilisations. Fabriqués dans un atelier français au savoir-faire reconnu, ils privilégient la durabilité et une consommation plus responsable.
Certains entrepreneurs vont quant à eux observer nos comportements pour trouver le besoin auquel personne ne semble avoir encore répondu. C’est notamment le point de départ de nombreuses start-up, ces entreprises qui cherchent à développer un modèle économique innovant, capable de grandir rapidement. Dans la tech, l’intelligence artificielle, la santé ou les services numériques, leurs fondateurs espèrent parfois transformer profondément les usages, voire révolutionner tout un secteur.
Et si ceux qui connaissent le mieux une entreprise étaient aussi les mieux placés pour la reprendre ? C’est l’une des possibilités offertes par les SCOP, les sociétés coopératives et participatives. Dans ces structures, les salariés associés détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Les grandes orientations sont décidées démocratiquement en assemblée générale, selon le principe « une personne = une voix », quel que soit le montant investi.
Ce modèle peut notamment permettre de poursuivre une activité lorsque son dirigeant part à la retraite ou souhaite céder son affaire. Les salariés qui deviennent associés participent alors collectivement à la propriété et aux décisions stratégiques de l’entreprise, tout en conservant leur statut de salariés. Les bénéfices sont répartis entre les collaborateurs, les associés et les réserves destinées à assurer l’avenir de la structure. Une autre façon d’entreprendre, où l’on construit l’avenir de l’entreprise ensemble, sans pour autant supprimer la fonction de dirigeant.
8. De collègues à associés : la reprise collective permet aux salariés de devenir acteurs de l’avenir de leur entreprise.
9. Artisan, commerçant, consultant… l’indépendance concerne des métiers très différents.
À son compte,
à son rythme
Certains préfèrent travailler seuls, d’autres s’entourent de quelques collaborateurs ou partenaires freelances, sans chercher à développer davantage leur structure. La microentreprise constitue souvent une première porte d’entrée, grâce à des formalités et une gestion simplifiées. Elle peut aussi devenir un cadre d’exercice durable, dès lors que l’activité respecte les plafonds de chiffre d’affaires applicables.
Car la réussite ne se mesure pas uniquement au nombre de salariés ou au chiffre d’affaires. Pour ces indépendants, elle peut tout simplement consister à vivre correctement de leur savoir-faire, à fidéliser une clientèle et à exercer un métier qu’ils aiment.
10. En 2025, près de deux entreprises sur trois ont été créées sous le régime de la microentreprise.
11. Le terme « slasheur » vient du signe / utilisé pour séparer les différentes activités d’une même personne.
Microentreprise :
le statut qui a changé la donne
le statut qui a changé la donne
Depuis la création du régime de l’autoentrepreneur en 2009, se lancer à son compte est devenu beaucoup plus accessible. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, la France a enregistré 758 600 nouvelles immatriculations de microentrepreneurs, soit 65% des créations d’entreprises. Le secret de ce succès réside dans des démarches simplifiées, une comptabilité allégée et des cotisations sociales calculées en fonction du chiffre d’affaires encaissé. De quoi séduire les artisans, consultants, créatifs ou prestataires de services, mais aussi les salariés qui souhaitent développer une activité complémentaire, les étudiants ou les retraités.
La formule permet aussi de tester un projet avant, éventuellement, de changer de régime. Elle peut tout autant servir à exercer durablement son métier à temps plein. Attention cependant : les charges professionnelles ne sont pas déductibles pour leur montant réel et des plafonds de chiffre d’affaires s’appliquent.
S’associer permet de réunir des compétences, partager les investissements et confronter ses idées. Mais bien s’entendre ne suffit pas ! Avant de se lancer, mieux vaut définir les rôles, les responsabilités, les apports financiers et les modalités de décision, sans oublier d’anticiper les désaccords ou le départ d’un associé.
12 – Entreprendre à plusieurs nécessite de définir clairement le rôle de chaque associé.
L’ambition de voir grand
Pour certains entrepreneurs, créer une entreprise n’est que la première étape d’une aventure bien plus ambitieuse. Leur objectif est de la faire grandir, de recruter, d’ouvrir de nouveaux établissements, de conquérir des marchés, parfois même à l’international. Ce qui les anime, c’est autant le plaisir de développer une activité que celui de construire une organisation, de fédérer des équipes et de relever des défis toujours plus importants.
Ces bâtisseurs ne sont d’ailleurs pas nécessairement des inventeurs. Certains excellent dans l’art de repérer les opportunités, de structurer une société ou de transformer une petite affaire en une entreprise de plusieurs centaines de salariés. D’autres choisissent la franchise, multiplient les implantations ou rachètent des structures complémentaires pour accélérer leur développement.
Leur réussite passe alors par de nouvelles compétences : savoir déléguer, manager, anticiper les besoins financiers et définir une stratégie à long terme. Et surtout par la capacité à reconnaître qu’à mesure que l’entreprise grandit, le métier de dirigeant évolue : il ne s’agit plus seulement de maîtriser une activité, mais de piloter tout un ensemble.
14. Faire grandir son entreprise implique de savoir s’entourer, déléguer et fédérer des équipes autour d’objectifs communs.
15. Ouverture de nouveaux établissements, diversification des activités, conquête de marchés : le développement d’une entreprise peut prendre de multiples formes.
On l’a déjà dit, derrière les créations d’entreprise se cachent des réalités très différentes. Il y a des envies ancrées depuis toujours, ceux qui n’ont connu que ce mode de travail, et puis il y a ceux qui se lancent après avoir été salariés.
Certains vont ainsi quitter volontairement un emploi stable pour concrétiser un projet longuement préparé. D’autres encore vont se lancer parce que leur situation professionnelle les y conduit. Après une période de chômage, une rupture conventionnelle ou des difficultés à retrouver un poste, travailler à son compte peut apparaître comme une solution pour renouer avec l’activité. Cette distinction entre entrepreneuriat de choix et de nécessité est toutefois moins nette qu’il n’y paraît : une situation subie peut révéler une opportunité.
16. Le bilan de compétences offre un temps de réflexion pour faire le point sur ses aptitudes, ses motivations et ses aspirations professionnelles.
17. Le burn-out peut toucher tous les profils professionnels, y compris les dirigeants d’entreprise.
Une nouvelle vie se prépare
Devenir entrepreneur après avoir été salarié peut prendre deux directions : soit on met à profit son expérience, ses connaissances, soit on change totalement de voie (ou un peu des deux...). Certains profitent ainsi de ce nouveau départ pour donner vie à une passion, d’autres pour exercer une activité dans un cadre qui leur convient davantage ou pour retrouver du sens dans leur quotidien. Devenir artisan après une carrière dans les bureaux, ouvrir une pâtisserie après avoir travaillé dans la communication, se former aux métiers du bien-être ou de l’aménagement intérieur… Les possibilités sont nombreuses, à condition d’être bien au clair sur la réalité de l’activité choisie. Car aimer cuisiner ne suffit pas forcément pour tenir un restaurant, pas plus qu’être passionné de décoration ne garantit de pouvoir en vivre. Avant de se lancer, il est essentiel de découvrir les exigences du métier envisagé, ses débouchés et les qualifications éventuellement nécessaires.
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Faire le point
Rencontrer des professionnels, effectuer une immersion ou suivre une formation courte permet parfois de confirmer une vocation ou d’éviter une mauvaise surprise.
Et pour ceux qui hésitent encore sur la direction à prendre, plusieurs outils permettent d’y voir plus clair. Le bilan de compétences, réalisé avec un organisme spécialisé, propose un travail approfondi sur son expérience, ses aptitudes, ses motivations et ses aspirations. Il aide à identifier les savoir-faire que l’on souhaite conserver, ceux que l’on aimerait développer et les nouvelles activités envisageables. Il peut notamment être financé, sous conditions, grâce au compte personnel de formation (CPF). C’est l’étape incontournable pour faire le point, et en profiter pour rebooster un ego parfois égratigné par les conditions de travail précédentes.
18. En 2025, plus de 92 000 bilans de compétences ont été financés grâce au CPF (Sénat, juillet 2026).
19. Changer complètement de voie, c’est possible, mais ça se prépare.
Autre possibilité : le conseil en évolution professionnelle (CEP). Gratuit et personnalisé, ce service s’adresse aux salariés, aux indépendants et aux personnes en recherche d’emploi. Un conseiller accompagne la réflexion, aide à explorer les métiers, à évaluer la faisabilité d’un projet et à identifier les formations ou les financements mobilisables. Il peut également orienter vers des immersions professionnelles pour confronter ses envies à la réalité du terrain.
Le plaisir de se réinventer
Au-delà de la satisfaction d’exercer enfin le métier dont on rêvait, la reconversion peut apporter un nouvel élan, renforcer la confiance en soi et donner une autre dimension à son quotidien. Mais elle suppose aussi d’accepter de redevenir débutant, de consacrer du temps à l’apprentissage et, parfois, de revoir ses ambitions financières à la baisse, au moins temporairement. Sans compter que la passion ne fait pas tout. On l’oublie parfois, mais un entrepreneur, s’il est seul, doit mener de nombreuses missions en plus de son cœur de métier, comme la comptabilité, la communication, la prospection, l’administratif, etc. La réussite d’une reconversion ne se mesure donc pas seulement à la création d’une activité rentable. Elle tient aussi à l’équilibre trouvé entre ses aspirations, ses compétences et les réalités du métier.
20. S’inventer son propre métier pour ne pas rentrer dans les cases.
Entreprendre pour changer les choses
Pour certains entrepreneurs, créer une activité est également une manière de défendre des convictions et de contribuer à faire évoluer la société. Cela peut se concrétiser dans la façon d’entreprendre, mais aussi, plus directement, dans le domaine d’action choisi : la protection de l’environnement, l’insertion professionnelle, la consommation responsable, la lutte contre le gaspillage ou l’accès aux services essentiels. On parle alors d’entrepreneuriat à impact, une démarche qui cherche à concilier viabilité économique et effets positifs sur la société ou l’environnement.
Se lancer dans l’inconnu
Si les formalités de création ont été largement dématérialisées, les obligations administratives et réglementaires restent parfois difficiles à appréhender. Choix du statut juridique, déclarations, assurances, comptabilité, obligations propres à chaque activité… Le futur entrepreneur doit rapidement se familiariser avec un univers souvent éloigné de son métier.
Au-delà des chiffres et des formalités, entreprendre implique également de changer de quotidien. Quitter la sécurité du salariat, accepter l’incertitude des revenus, assumer de nouvelles responsabilités ou trouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle peut faire hésiter. Ces difficultés touchent particulièrement les femmes. Selon une étude relayée par Bpifrance, 17 % d’entre elles identifient la gestion du foyer comme un frein à l’entrepreneuriat, contre 12 %
des hommes. Elles sont également 26 % à évoquer la peur de l’échec, contre 21 % de leurs homologues masculins.
Pour autant, ces obstacles ne doivent pas nécessairement conduire à renoncer. Il existe de nombreux dispositifs qui permettent d’être accompagné pendant cette phase de création et même après. Des réseaux spécialisés, des solutions de financement, des parcours proposés par les chambres consulaires et les structures locales de développement économique peuvent aider les porteurs à sécuriser leurs projets.
22. Être bien accompagné permet de rester zen.
23. 26 % des femmes évoquent la peur de l’échec comme frein à l’entrepreneuriat, contre 21 % de leurs homologues masculins (BPI France).
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Comment se lancer ?
Vous avez le projet ? Vous avez l’envie ? Mais par où commencer… Avant tout, il faut vérifier que votre idée répond à un véritable besoin. C’est tout l’intérêt de l’étude de marché, qui permet d’identifier ses futurs clients, d’analyser la concurrence, de connaître les tendances du secteur et de définir son positionnement. L’occasion aussi de préciser son offre, ses tarifs et les moyens nécessaires pour exercer son activité.
Cette première réflexion doit également tenir compte de votre situation personnelle : quelles sont vos compétences, vos motivations, vos contraintes et vos ambitions ? Pour limiter les risques, il est parfois possible de tester son activité au sein d’une couveuse d’entreprises, d’une coopérative d’activité et d’emploi ou d’un incubateur. Dans la Marne, plusieurs structures accompagnent les futurs entrepreneurs dans leurs démarches. À Reims, les incubateurs Innovact et CRÉATIV’LABZ soutiennent notamment les projets innovants. La CCI Marne Ardennes conseille les créateurs dans la préparation et le développement de leur activité, tandis que Châlons Business facilite leur implantation sur le territoire châlonnais.
24. Avec le business plan, place aux chiffres.
Vérifier la viabilité financière
Une fois le projet défini, place aux chiffres ! Le business plan permet de formaliser sa stratégie commerciale et d’évaluer ses perspectives de rentabilité. Il intègre notamment un prévisionnel financier, généralement établi sur trois ans, avec une estimation du chiffre d’affaires, des dépenses, des investissements et des besoins de trésorerie.
Ce document constitue également un précieux support pour convaincre d’éventuels partenaires financiers. Plusieurs solutions peuvent être mobilisées selon la nature et l’ampleur du projet : apport personnel, prêt bancaire, prêt d’honneur, investisseurs, aides publiques… Des dispositifs comme l’ACRE ou l’ARCE peuvent aussi soutenir les créateurs qui remplissent les conditions d’éligibilité.
Créer, pérenniser, développer : la CCI, un partenaire à chaque étape
Une idée en tête, une activité en plein lancement, un projet de reprise ou l’envie de développer son activité ? La Chambre de commerce et d’industrie Marne Ardennes accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches, de la réflexion initiale jusqu’aux premières étapes de leur développement. Présente à Reims, Châlons-en-Champagne et Charleville-Mézières, elle propose des conseils personnalisés, des formations et des outils pratiques pour sécuriser les projets. Les futurs créateurs peuvent notamment bénéficier d’un premier entretien gratuit avec un conseiller, participer à l’atelier « Prêt à vous lancer »
ou utiliser la plateforme CCI Business Builder pour construire leur business plan. La CCI les aide également à identifier les financements disponibles, à choisir leur statut juridique et à accomplir leurs formalités d’immatriculation. Son accompagnement se poursuit après la création, avec des conseils en développement commercial, en ressources humaines ou encore en transition numérique. Elle favorise aussi les rencontres professionnelles à travers des événements comme la Journée des Réseaux ou le Festival des Entrepreneurs, dont la prochaine édition est annoncée les 12 et 13 mai 2027 à Reims.
26. La CCI Marne Ardennes organise différents événements à l’intention des entrepreneurs.
François GOMARIZ – Président de la Chambre
de Commerce et d’Industrie Marne-Ardennes
de Commerce et d’Industrie Marne-Ardennes
« Ma conception de la CCI : être sur le terrain
quand les entrepreneurs ont besoin de nous. »
quand les entrepreneurs ont besoin de nous. »
On connaît le Champagne. Mais notre économie ne s’arrête pas au Champagne. Industrie, agroalimentaire, logistique, tourisme : nos fondamentaux sont solides. Et aujourd’hui, quelque chose accélère : l’IA entre dans les entreprises et la réindustrialisation recrée des perspectives. Mais il y a aussi des filières moins visibles. Je pense à la bioéconomie, qui représente déjà 1 300 emplois directs autour de Bazancourt-Pomacle. C’est exactement ce que j’aime dans notre territoire : des pépites que l’on ne voit pas toujours, mais qui préparent l’économie de demain. Notre singularité ? Ici, on produit. On cultive, on transforme, on fabrique, on exporte. Mais ce qui me frappe surtout, c’est cette capacité à faire ensemble. Entreprises, collectivités, recherche, formation : les gens se connaissent, se parlent et nouent chaque jour des partenariats très concrets. Cette proximité crée de la confiance, et la confiance permet d’aller plus vite. C’est aussi cela, la force de notre territoire.
Pour moi, une CCI doit d’abord être proche. Nous sommes le premier et le dernier kilomètre de l’entreprise. Recrutement, IA, énergie, transmission, développement ou difficulté : derrière chaque sujet, il y a un entrepreneur qui a besoin d’une réponse concrète. En 2025, nous avons accompagné plus de 5 600 entreprises. Notre métier, c’est d’être là au bon moment, de simplifier et d’ouvrir la bonne porte.
Se former tout au long de sa vie d’entrepreneur
Se former tout au long de sa vie professionnelle est essentiel, et les entrepreneurs ne font pas exception. Dans un monde qui évolue à la vitesse de l’éclair, où les innovations technologiques et les transformations des métiers se succèdent à un rythme effréné, la formation continue n’est plus seulement une option, c’est une nécessité. D’autant que créer et diriger une entreprise demande de maîtriser bien d’autres compétences que celles de son métier.
Tous les secteurs, même les plus traditionnels, s’enrichissent de nouveaux outils, de nouvelles techniques et de nouvelles attentes. Et cela exige de nouveaux apprentissages. Mais se former, c’est aussi une manière de prendre du recul sur son activité, de rester curieux et de saisir de nouvelles opportunités. Qu’il s’agisse de développer son expertise, d’améliorer son organisation, de diversifier ses prestations ou de préparer une nouvelle étape dans la croissance de son entreprise, la formation constitue un véritable levier de développement. Bonne nouvelle, entre les formations en ligne, les ateliers, les conférences et les stages, chaque entrepreneur peut trouver une formule adaptée à ses besoins et à son emploi du temps.
28. Maîtriser une autre langue pour se donner tous les moyens de réussir.
29. Pour 90 % des actifs, la formation professionnelle est nécessaire pour répondre aux mutations du monde du travail (Source Baromètre Emploi/Formation 2024).
Frédéric Falleur
Take The plunge
Take The plunge
« Pour apprendre une langue,
il faut parler ! »
il faut parler ! »
Dans les formations linguistiques à visée professionnelle, plus de 90 % de nos demandes concernent l’anglais. C’est devenu la langue commune des échanges internationaux. Sa maîtrise peut aussi conditionner une évolution de carrière. On rencontre, par exemple des cadres qui connaissent parfaitement leur métier, mais dont le niveau d’anglais devient un frein lorsqu’ils doivent travailler avec des équipes étrangères.
Et il n’est jamais trop tard pour s’y remettre !
J’ai récemment rencontré une personne qui n’avait pas pratiqué l’anglais depuis quarante ans. Pourtant, elle comprenait encore et parvenait à répondre à des questions simples. Tout dépend du niveau de départ, mais aussi du rapport que l’on a entretenu avec la langue. Certains adultes gardent de mauvais souvenirs de leur apprentissage scolaire. Notre rôle est donc d’abord de les rassurer et de dédramatiser.
Dans nos formations, nous privilégions l’apprentissage via la pratique orale. Écouter, répéter, parler, communiquer : c’est en pratiquant que les acquis s’ancrent durablement. Nous encourageons également un travail personnel régulier, idéalement quinze à vingt minutes par jour, notamment avec des supports audio. J’aime comparer l’apprentissage d’une langue à un entraînement sportif. On ne prépare pas un semi-marathon en quelques jours ! Il faut de la méthode, de la persévérance et de la régularité. Et surtout, il faut oser parler, sans avoir peur de son accent : au sein de mon équipe de 12 enseignants d’anglais, je pense que nous avons au moins 10 accents différents !
Savoir s’entourer
La solitude du chef d’entreprise et ses effets dévastateurs ont largement été documentés ces dernières années. Même entouré de salariés, c’est seul que le dirigeant doit faire certains choix et en assumer les conséquences. Investissements, recrutements, difficultés financières ou choix stratégiques : les décisions importantes reposent souvent sur ses épaules. Une pression constante, qui s’accentue si des problèmes interviennent. Difficile alors pour lui d’évoquer ses doutes avec ses équipes sans les fragiliser. Et c’est tout aussi complexe de se confier à des proches qui ne connaissent pas toujours les réalités de l’entrepreneuriat. Cette solitude peut conduire à s’enfermer dans ses préoccupations, au risque de perdre du recul.
Pourtant, diriger ne signifie pas et n’impose pas de tout affronter seul. Solliciter un accompagnement extérieur permet de confronter ses idées, de prendre de la hauteur et de mieux anticiper les difficultés. Savoir s’entourer est également une manière de mieux piloter son entreprise.
Le pouvoir des réseaux
Il est aussi important de pouvoir échanger avec d’autres entrepreneurs, et de rejoindre pour cela un réseau professionnel. Il en existe une multitude sur notre territoire. Certains sont basés sur la recommandation, d’autres axent davantage sur la formation du chef d’entreprise quand d’autres encore favorisent les échanges entre femmes cheffes d’entreprise.
31. « Réseauter » c’est multiplier les rencontres, les opportunités et les possibilités de collaboration.
32. Les réunions se déclinent en petits-déjeuners, déjeuners, afterwork ou soirées.
Multiplier les rencontres
Chaque réseau présente des avantages et répond à des besoins. Pour sortir de l’isolement et enfin retrouver des « collègues de travail » en quelque sorte pour les solopreneurs, pour se former, rencontrer d’autres professionnels, pour monter en compétences, pour mieux connaître les entrepreneurs du territoire, pour prospecter et rencontrer des clients ou des partenaires potentiels… quelle que soit la raison, il y a forcément un réseau ou un club d’entreprises qui vous conviendra.
Il en existe beaucoup, avec chacun son identité, une certaine atmosphère, des codes particuliers. On ne vient pas y chercher la même chose et il est très important d’identifier justement nos motivations et nos besoins. Certains réseaux vont être très utiles pour trouver de nouveaux clients, des partenaires quand d’autres vont plutôt permettre de partager ses doutes et ses angoisses. Pas la même ambiance et surtout pas la même posture. Car il faut se sentir très en confiance pour se montrer vulnérable dans un milieu où c’est encore davantage le succès que l’authenticité qui séduit.
33. En 2025, 44 % des entreprises individuelles ont été créées par des femmes (Insee).
34. Seules 32 % des femmes cheffes d’entreprise ou porteuses de projet déclarent avoir bénéficié d’un accompagnement, contre 39 % des hommes (BPI France).
Bien choisir son réseau
Pour choisir le bon réseau, il est donc important d’être au clair avec ses objectifs, mais il faut aussi être honnête avec sa disponibilité. Pour profiter de tous les atouts d’un club ou d’une association, un minimum d’implication est nécessaire. Une des premières questions à se poser est donc : combien de temps puis-je consacrer à cette activité ? Le rythme des réunions est-il compatible avec mon emploi du temps et ma charge mentale ?
Avant de s’engager, n’hésitez pas à participer à des rencontres : la majorité des réseaux propose des séances d’essai. Et pour que ce soit efficace, il est important de jouer le jeu, de discuter avec les autres membres, de poser des questions pour arriver à percevoir si c’est bien ce réseau qu’il vous faut.
Gen Z, la génération qui entreprend
Créer son entreprise à 20 ans ? Pourquoi pas ! Pour la Gen Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, l’entrepreneuriat n’est plus nécessairement un projet réservé à ceux qui ont déjà plusieurs années d’expérience en entreprise. Selon Bpifrance, près de six jeunes de 18 à 29 ans sur dix s’inscrivent dans une dynamique entrepreneuriale, qu’ils envisagent de se lancer, portent déjà un projet ou aient une expérience de dirigeant.
Les jeunes entrepreneurs investissent dans des univers très variés : création d’une marque de vêtements, vente de créations artisanales, de prestations de photographe, développement d’une application, ouverture d’un commerce, etc. Beaucoup ont grandi avec les outils numériques et savent utiliser les réseaux sociaux pour tester une idée, présenter leurs produits ou toucher leurs premiers clients.
Autre particularité : entreprendre ne signifie pas forcément tout miser sur une seule activité. Certains lancent leur projet pendant leurs études, d’autres cumulent emploi salarié et microentreprise. Une façon d’expérimenter, de développer des compétences et de vérifier qu’une idée peut devenir rentable avant de s’y consacrer pleinement.
36. En 2025, 40 % des créateurs d’entreprises individuelles avaient moins de 30 ans, selon l’Insee.
37. Durant l’année universitaire 2024-2025, plus de 6 700 statuts nationaux d’étudiant-entrepreneur ont été accordés en France.
Audacieux, mais pas insouciants
Cette génération se distingue également par son rapport à l’échec. Changer de projet, recommencer ou multiplier les expériences ne constitue pas nécessairement un aveu de défaite. Selon Bpifrance, quatre jeunes dirigeants sur dix possèdent plusieurs entreprises, contre un sur sept parmi leurs aînés. Mais créer son activité à 20 ans demande autant de préparation qu’à 40. Et si les réseaux sociaux peuvent donner l’impression que certains réussissent du jour au lendemain, la réalité est souvent faite d’essais, d’apprentissages et de beaucoup de travail.
L’art de passer le relais
Les raisons de transmettre son activité sont nombreuses : départ à la retraite, nouveau projet professionnel, envie de ralentir… Mais céder une société que l’on a créée ou développée ne se résume pas à signer un contrat de vente. C’est aussi confier à quelqu’un d’autre le fruit de plusieurs années de travail, une clientèle, des salariés et parfois même une histoire familiale.
Le premier conseil est l’anticipation. Une transmission réussie peut nécessiter plusieurs années de préparation. Il faut notamment évaluer la valeur de l’entreprise, examiner sa situation financière, identifier les éventuels investissements à réaliser et réfléchir au profil du futur repreneur. Car le prix ne fait pas tout. Un dirigeant peut souhaiter privilégier un candidat capable de préserver les emplois, de conserver le savoir-faire ou de poursuivre le développement de l’activité. Dans les petites structures, où la relation avec les clients repose souvent sur la personnalité du patron, cette question est particulièrement importante.
38. Transmettre son entreprise à ses enfants n’est pas une évidence : les nouvelles générations ne souhaitent pas toujours reprendre l’activité familiale.
39. Un dirigeant peut choisir de céder progressivement les parts de son entreprise, plutôt que de transmettre l’intégralité du capital en une seule fois.
Plusieurs solutions existent : vendre à un entrepreneur extérieur, transmettre à un membre de sa famille, céder l’activité à un salarié ou encore organiser une reprise collective. Chaque formule présente ses avantages et ses contraintes, notamment sur les plans juridique, fiscal et financier.
Bien plus qu’une vente
La transmission comporte aussi une dimension humaine à ne pas sous-estimer. Pour le cédant, il faut accepter de ne plus décider de tout, de voir évoluer certaines habitudes et, parfois, de découvrir une autre manière de diriger. Pour le repreneur, le défi consiste à trouver sa place sans bouleverser trop rapidement ce qui fonctionne. Une période d’accompagnement peut faciliter cette transition.
Il reste ensuite une question essentielle : que faire après ?
Pour certains dirigeants, la cession ouvre la voie à une retraite attendue. D’autres choisissent de créer une nouvelle activité, de devenir investisseurs, de s’engager dans des associations ou de mettre leur expérience au service de jeunes entrepreneurs ou de chefs d’entreprise en difficulté. Une façon de poursuivre son aventure entrepreneuriale différemment.
41. En 2025, près de 68 600 entreprises ont fait l’objet d’une procédure de défaillance en France, soit une hausse de 3,6 % sur un an (Banque de France).
42. 24 % des anciens chefs d’entreprise ayant connu une liquidation ou une fermeture poursuivent une activité entrepreneuriale ou portent un nouveau projet (Bpifrance).
Rebondir
Malgré toutes les précautions, certaines aventures entrepreneuriales s’achèvent. Une cessation d’activité peut représenter une épreuve financière, professionnelle et personnelle, d’autant que l’échec reste parfois difficile à assumer. Pourtant, la fermeture d’une entreprise ne résume ni les compétences ni le parcours de celui qui l’a créée. L’expérience acquise, les erreurs identifiées et les savoir-faire développés peuvent constituer les fondations d’un nouveau projet, entrepreneurial ou salarié. Le plus difficile est peut-être de savoir prendre le recul nécessaire et de retrouver confiance en soi pour reconstruire un projet professionnel.
Face aux difficultés, des interlocuteurs pour agir
Avant que la situation ne devienne critique, plusieurs dispositifs permettent aux dirigeants de trouver des solutions. Et contrairement aux idées reçues, le tribunal de commerce n’intervient pas uniquement lorsqu’une entreprise dépose le bilan. Un dirigeant peut solliciter un entretien gratuit et confidentiel avec le président du tribunal pour faire le point sur sa situation. Selon les problèmes rencontrés, des procédures comme le mandat ad hoc ou la conciliation peuvent faciliter la recherche d’un accord avec les créanciers. La Banque de France compte quant à elle dans ses rangs des correspondants TPE-PME. Ils proposent un accompagnement gratuit pour identifier les solutions adaptées aux difficultés financières. En cas de désaccord avec une banque, de refus de financement ou de suppression d’une ligne de crédit, la Médiation du crédit peut également intervenir gratuitement et de manière confidentielle. Enfin, l’association 60 000 rebonds accompagne les entrepreneurs qui ont perdu leur entreprise ou cessé leur activité. Coaching, parrainage par des chefs d’entreprise et échanges entre pairs les aident à retrouver confiance et à construire un nouveau projet professionnel, salarié ou entrepreneurial. Une antenne est notamment présente à Reims.

Entreprendre, un objet d’étude !
Qu’est-ce qui pousse à créer son entreprise ?
Existe-t-il un profil type d’entrepreneur ? Et que recherche-t-on vraiment dans cette aventure ?
Ces questions intéressent aussi les chercheurs. Publiée en 2025, l’étude Qui sont les entrepreneurs aujourd’hui ?, réalisée par l’ObSoCo pour BGE et le Crédit Mutuel, explore la diversité des profils et des aspirations.
Autre lecture éclairante : l’Indice entrepreneurial français 2025, publié par Bpifrance Le Lab, qui analyse le rapport des Français à la création d’entreprise. Deux enquêtes accessibles gratuitement en ligne, pour porter un autre regard sur le rêve entrepreneurial.

Le déclic
Qu’est-ce qui nous pousse à sauter le pas ? Parce qu’on peut avoir envie de créer son entreprise pendant des années sans jamais la concrétiser. Et puis, un jour, quelque chose change. Cela peut être un article dans la presse, un témoignage dans un podcast, une discussion avec un proche ou un inconnu dans une soirée, un commerçant qui part à la retraite… et, tout d’un coup, de nouvelles perspectives s’ouvrent à nous. Parfois, le déclic est moins heureux, et c’est davantage une solution face à un problème qu’un choix délibéré. Il n’est d’ailleurs pas toujours question d’une idée révolutionnaire. Cela peut juste être un service pertinent, une reprise d’entreprise ou enfin exploiter l’un de nos talents personnels. Ce qui fait la différence entre les plans sur la comète et la concrétisation du projet ? Un contexte particulièrement favorable, une rencontre, un alignement des planètes ou un hasard total. L’important est plus de surfer sur cette impulsion que d’en comprendre l’origine.

Rendez-vous Business : la transmission à l’honneur
Le mardi 17 novembre 2026, de 14h à 18h, le Grand Reims organise ses Rendez-vous Business à l’hôtel de ville de Reims. Cette rencontre destinée aux entreprises permettra notamment d’aborder les enjeux de la transmission et de la reprise d’activité. De 15h à 16h, une table ronde réunira des représentants de la Chambre de métiers et de l’artisanat Grand Est, de la CCI Marne Ardennes et du réseau des Cédants et Repreneurs d’Affaires, ainsi que des témoignages d’entreprises. Au programme également : des rendez-vous BtoB avec les partenaires présents, pour échanger sur les financements et les accompagnements disponibles.
Rendez-vous Business 2026 – Mardi 17 novembre, de 14h à 18h, hôtel de ville de Reims.

Partir de ses compétences
Devenir chef d’entreprise ne signifie pas nécessairement vouloir diriger une grosse équipe, multiplier les clients, les projets
ou conquérir de nouveaux marchés.
Pour beaucoup, l’ambition est plus simple :
vivre de son métier, en exerçant à sa manière. C’est ici que l’on trouve ceux qui veulent travailler avec plus d’autonomie, de liberté.
Cela peut être un artisan qui ouvre son atelier, une graphiste qui travaille en freelance, un consultant qui se lance dans la formation, une passionnée de cuisine
qui crée des cours et des ateliers.
Tous choisissent de miser sur leurs compétences pour construire leur propre activité. Leur objectif n’est pas forcément de grandir, d’embaucher, mais plutôt de trouver un modèle économique qui leur convient.

Êtes-vous un slasheur ?
Salarié le jour, musicien le soir, enseignant et créateur de bijoux, comptable et photographe de mariage…certains n’ont pas du tout envie de n’exercer qu’une seule activité professionnelle. Les « slasheurs » préfèrent multiplier les expériences. Cela peut être une façon de compléter ses revenus, mais, pour d’autres, c’est surtout l’occasion de cultiver une passion, d’explorer une nouvelle voie ou de tester un projet sans renoncer immédiatement à la sécurité d’un emploi salarié. Ce cumul permet aussi de développer des compétences, de diversifier ses contacts professionnels et d’évoluer dans différentes sphères.
Cela nécessite par contre une organisation sans failles et surtout une bonne gymnastique de l’esprit pour switcher d’une activité à l’autre et, parfois, d’une posture à l’autre. Pour certains, cette situation ne peut qu’être temporaire, pour d’autres, c’est un équilibre, vrai mode de vie, une façon aussi de ne pas être mis dans une case sans pouvoir en sortir.

Marion et Thibaut SOUDANT
Optical Factory
« Entreprendre,
c’est les montagnes russes ! »
Après dix ans dans l’optique en tant que salariés à Soissons,
nous avons décidé de nous lancer dans l’entrepreneuriat. À Reims, nous avons choisi ce local idéalement situé en centre-ville.
Malgré l’investissement important, nous avons saisi l’opportunité
en seulement trois jours, accompagnés par le réseau Optical Factory. Notre boutique a ouvert en décembre 2022.
Près de quatre ans plus tard, nous avons découvert que l’entrepreneuriat, ce sont de véritables montagnes russes !
Au-delà de notre métier d’opticien, nous avons dû apprendre
à piloter une entreprise, gérer la trésorerie et les stocks, mais surtout anticiper les difficultés. Aujourd’hui, un professionnel extérieur nous accompagne pour prendre du recul et préparer l’avenir. Cela change tout !
Nous apprécions cette indépendance, la liberté de pouvoir organiser notre quotidien et surtout de développer une activité qui nous ressemble. Nous avons la chance d’avoir une clientèle formidable, avec laquelle nous pouvons partager notre passion
pour les beaux produits et la qualité. Notre ambition est maintenant de pérenniser notre entreprise, de poursuivre notre croissance et de faire de notre boutique une référence de l’optique à Reims.
Si nous avions un conseil à donner à ceux qui souhaitent se lancer, ce serait de bien s’entourer. Il est essentiel de pouvoir compter sur un professionnel qui connaît le fonctionnement d’une entreprise,
qui aide à prendre du recul et à anticiper. Et puis, il faut aussi oser !

Qui sont les serial entrepreneurs ?
Créer, développer, revendre… et recommencer ! Pour les « serial entrepreneurs », ou entrepreneurs en série, l’aventure ne s’arrête pas à la réussite d’un premier projet. Certains lancent successivement plusieurs sociétés, tandis que d’autres en dirigent plusieurs simultanément, parfois dans des secteurs très différents.
Ce qui les motive ? Le plaisir de partir d’une feuille blanche, de repérer de nouvelles opportunités et de transformer une idée en activité rentable. Une fois leur entreprise bien installée, certains préfèrent passer à un autre défi plutôt que d’en assurer la gestion quotidienne.
L’expérience acquise constitue alors un précieux avantage : connaissance des marchés, réseau professionnel, maîtrise des financements et des étapes de développement. Mais multiplier les projets ne garantit pas leur succès ! Chaque nouvelle aventure comporte ses propres risques et demande du temps, des moyens et une bonne capacité à s’entourer.

« Succès : mode d’emploi »
Audrey Destang,
Éditions Dunod
Comment transforme-t-on une idée en entreprise florissante ? À travers les témoignages d’entrepreneurs français, dont les fondateurs de Michel & Augustin, C’est qui le patron ?! ou Good Goût, Audrey Destang explore les coulisses de la réussite. Des premières intuitions aux difficultés rencontrées, ce livre met en lumière des expériences variées, entre audace, persévérance et choix décisifs.

Après un burn-out, l’envie d’entreprendre ?
Et si l’épuisement professionnel devenait le point de départ d’une nouvelle aventure ? Selon une étude du CEPREMAP publiée en 2026, 44 % des salariés préparant activement une reconversion ont déjà été arrêtés pour un burn-out, une surcharge mentale ou un stress chronique. Pour certains, créer leur entreprise peut alors apparaître comme une façon de retrouver du plaisir à travailler, de choisir leurs missions, d’organiser autrement leur quotidien et surtout de sortir d’un environnement jugé toxique. Mais attention à ne pas idéaliser cette nouvelle vie. Charge mentale, incertitudes financières, longues journées et difficulté à déconnecter peuvent aussi accompagner l’entrepreneuriat. Après un épuisement professionnel, prendre le temps de récupérer et de construire un projet solide reste essentiel.

Des dispositifs pour franchir le pas
Changer de voie implique parfois de reprendre des études ou d’obtenir une qualification. Le compte personnel de formation (CPF) peut contribuer au financement d’une formation éligible. Les salariés du privé peuvent également, sous certaines conditions, bénéficier d’un projet de transition professionnelle (PTP), qui permet de suivre une formation certifiante tout en conservant une rémunération. D’autres solutions existent selon les situations, notamment avec France Travail ou les dispositifs régionaux. Attention toutefois : les conditions de financement et de maintien des revenus varient selon le statut et le projet et sont régulièrement révisées.

« Le Petit Chaperon rouge change de job »
Nicole Robert - Hello Éditions
Et si les contes de notre enfance nous aidaient à repenser notre vie professionnelle ? À travers
22 histoires revisitées, Nicole Robert aborde avec originalité les questions de reconversion,
de quête de sens, d’épuisement et de confiance en soi. Les personnages familiers deviennent
ainsi le point de départ d’une réflexion sur nos choix, nos envies et les obstacles qui nous empêchent parfois de changer de voie. Entre humour, conseils et éclairages issus du coaching,
cet ouvrage invite à porter un autre regard sur son parcours professionnel et à envisager de nouvelles perspectives, sans nécessairement tout quitter du jour au lendemain.

Et si l’on inventait son propre métier ?
Certains intitulés de métier sont parfois assez énigmatiques, soit on ne comprend pas vraiment à quoi cela correspond, soit la personne est peut-être allée un peu loin pour se démarquer. Sur le réseau Linkedin, on trouve ainsi des « Garagiste émotionnel », « Scénographe de table », « Jardinier des possibles », « Facilitateur de transformation » … mais si la formulation peut surprendre, elle découle bien souvent d’une volonté farouche de dépeindre une activité unique, menée d’une façon bien personnelle.

Châlons Business,
un partenaire pour entreprendre
Avec Châlons Business, la direction Attractivité et Développement économique de Châlons Agglo propose aux entrepreneurs, investisseurs et porteurs de projets un accompagnement personnalisé. Recherche de locaux ou de terrains, identification des aides financières, montage de dossiers de subvention, mise en relation avec les acteurs économiques locaux… Une équipe dédiée facilite les démarches et oriente les professionnels vers les bons interlocuteurs. Des dispositifs de soutien financier peuvent également accompagner les projets de création d’emplois et de développement. La Conciergerie économique est un autre atout, qui simplifie le quotidien des entreprises et de leurs salariés. Elle intervient aussi bien dans les démarches administratives que dans les questions de recrutement, de logement, d’emploi du conjoint ou de garde d’enfants. Elle favorise également l’intégration au tissu économique local et accompagne l’organisation d’événements professionnels. De la première idée jusqu’au développement de l’activité, Châlons Business entend ainsi offrir aux entrepreneurs un interlocuteur de proximité pour concrétiser leurs ambitions.

Hélène SIOZAC GERMAIN
« Un réseau professionnel,
c’est avant tout une aventure humaine »
Pour moi, un réseau professionnel ne doit pas seulement apporter à l’entrepreneur :
celui-ci doit aussi contribuer à le faire vivre. L’idée, c’est de rompre la solitude du chef d’entreprise, de lui offrir des moments de déconnexion, mais aussi de favoriser son activité grâce aux mises en relation et aux opportunités sur le territoire. Pour choisir son réseau, il faut d’abord savoir ce que l’on recherche : du business, de la convivialité, des rencontres ? Quel temps est-on prêt à y consacrer ? Les besoins évoluent également avec la vie de l’entreprise. Mais surtout, je conseille de participer à une réunion, d’échanger avec les membres et de voir comment on s’y sent.
En tant qu’animatrice de Pollen, je privilégie la qualité des membres plutôt que leur nombre. L’essentiel est de partager des valeurs communes et de préserver l’équilibre du groupe. J’avais moi-même beaucoup d’a priori sur les réseaux, que j’associais à des postures parfois trop superficielles. Chez Pollen, j’ai découvert des personnes vraies. C’est pourquoi je conseille de dépasser ses préjugés et d’essayer !

Pourquoi des réseaux féminins ?
Créez comme Elles, Mampreneurs, Femmes Chefs d’Entreprise, etc., plusieurs réseaux dédiés aux femmes porteuses de projets ou chefs d’entreprises existent depuis de nombreuses années sur notre territoire.
À l’origine, ils ont été créés pour soutenir la création d’entreprise au féminin, les femmes étant beaucoup moins à oser l’entrepreneuriat que les hommes. Comme les réseaux mixtes, ils répondent à plusieurs besoins spécifiques : rompre l’isolement, favoriser l’entraide, partager les expériences... Mais alors, pourquoi des réseaux féminins ?
Parce que les femmes entrepreneures rencontrent encore des obstacles particuliers, notamment dans l’accès aux financements et aux réseaux d’affaires.
Ces communautés leur permettent de partager leurs expériences, de développer leurs contacts, de gagner en visibilité et de s’entraider. Un moyen de renforcer leur place dans un univers entrepreneurial toujours marqué par certaines inégalités.

Étudiant et entrepreneur,
c’est possible !
Grâce au statut national d’étudiant-entrepreneur (SNEE), les étudiants et jeunes diplômés peuvent bénéficier d’un accompagnement pour transformer leur idée en projet concret. Accessible notamment aux jeunes titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme équivalent, ce dispositif est proposé par les pôles Pépite (Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat), présents dans toute la France. Au programme : accompagnement personnalisé par des professionnels, ateliers, rencontres avec des entrepreneurs et accès à des espaces de travail selon les établissements. Le statut permet également, sous certaines conditions, de substituer un projet entrepreneurial à un stage ou de bénéficier d’aménagements dans son cursus. Pour les jeunes diplômés, le diplôme d’établissement étudiant-entrepreneur (D2E) peut offrir un cadre pour poursuivre leur projet.

Où trouver un repreneur ?
Trouver la bonne personne demande parfois du temps. Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) accompagnent les dirigeants dans leurs démarches. Des plateformes spécialisées, comme Transentreprise ou la Bourse de la transmission de Bpifrance, permettent également de consulter ou de diffuser des annonces de cession. Experts-comptables, avocats et notaires peuvent compléter cet accompagnement pour sécuriser les différentes étapes de l’opération.

L’échec entrepreneurial,
et après ?
Parce que l’aventure entrepreneuriale ne se termine pas toujours par une réussite, trois ouvrages invitent à porter un autre regard sur l’échec. Dans J’ai testé pour vous : l’échec entrepreneurial (Prochain Chapitre, 2026), Justine Abécassis revient avec humour et franchise sur ses erreurs, accompagnée de témoignages et de conseils pratiques. Plus personnel, J’ai liquidé et j’ai survécu (Le Lys Bleu, 2026) raconte le parcours de Benjamin Atteïa, confronté à la liquidation judiciaire de son entreprise et à ses conséquences financières et psychologiques. Enfin, dans La résilience de l’entrepreneur (L’Harmattan, 2026), Frédérique Guenot et Gilles Teneau explorent les mécanismes qui permettent de traverser les crises et de se reconstruire. Trois approches complémentaires pour comprendre que l’échec, aussi difficile soit-il, peut également ouvrir la voie à un nouveau départ.



















